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Français: Un effort supplémentaire de 65 milliards d’euros d’ici 2016

Les deux pièces maîtresses de ce "plan d’équilibre des finances publiques", présenté par François Fillon, sont une accélération de la réforme des retraites et une hausse du taux réduit de TVA de 5,5% à 7%, dans la restauration et le bâtiment notamment, sauf pour les produits de première nécessité (dont l’alimentation).

Deux mesures socialement risquées à six mois de l’élection présidentielle.

La réforme des retraites, entrée en vigueur le 1er juillet dernier, prévoyait de porter progressivement de 60 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite à l’échéance 2018.

Nicolas Sarkozy et son Premier ministre, qui entendent défendre le "triple A" français, ont décidé d’avancer ce rendez-vous à 2017, ce qui permettra, selon François Fillon, 4,4 milliards d’économies de 2013 à 2016.

Cette mesure se traduira par "quelques mois d’activité supplémentaires pour les générations nées entre 1952 et 1956", a précisé le chef du gouvernement.

"C’est un signal très fort de la volonté de notre pays de maîtriser ses dépenses, d’équilibrer ses comptes sociaux", a-t-il souligné, à l’adresse particulière des agences de notation.

"Notre souveraineté économique, financière et sociale exige des efforts collectifs et prolongés, et même quelques sacrifices", a insisté François Fillon, en invoquant l’exemple grec.

PRESTATIONS SOCIALES REVALORISÉES DE 1% EN 2012

"Le mot de faillite n’est plus un mot abstrait. (…) Notre pays ne doit pas être condamné un jour à mener une politique imposées par d’autres", a-t-il dit, tout en se défendant d’imposer au pays une cure de rigueur comme en mars 1983 sous la présidence du socialiste François Mitterrand.

Pour le chef de l’Etat et le Premier ministre, les Français sont désormais conscients de la nécessité de "sortir de cette spirale dangereuse" de l’endettement et prêts à accepter des "efforts" sur le long terme.

La France se fixe pour objectif un déficit public équivalent à 4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014, jusqu’à l’équilibre en 2016.

Le gouvernement attend à terme de ce plan pluriannuel une réduction des déficits publics de 17,4 milliards d’euros par an, précisent les services du Premier ministre.

Il espère ainsi épargner à la France 64,7 milliards d’euros de dette à l’horizon 2016, qui s’ajouteraient à 48,4 milliards de dette économisée grâce à un premier plan annoncé le 24 août par François Fillon.

"Notre pays doit se retrousser les manches sans douter de sa force et de son génie", a plaidé le Premier ministre.

Au nombre des "sacrifices", les prestations sociales seront exceptionnellement indexées sur la croissance en 2012, soit 1%, et non sur l’inflation.

"Nous n’avons pas voulu aller jusqu’à geler les prestations", a dit François Fillon.

Les minima sociaux, les pensions de retraite, le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation adulte handicapé, le minimum vieillesse et les allocations pour les chômeurs en fin de droits ne sont pas concernés et seront revalorisés selon les règles actuelles (inflation+croissance).

Les dépenses de santé sont également affectées, avec un objectif de 700 millions d’euros d’économie à partir de 2012. L’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) est ramené de 2,8% à 2,5% en 2012, pour un gain prévu de 500 millions d’euros.

GEL DU BARÈME DE l’IMPÔT SUR LE REVENU ET DE l’ISF

Le gouvernement poursuit sa politique de réduction de niches fiscales à hauteur de 2,6 milliards d’euros d’économies supplémentaires. La loi Scellier pour les investissements locatifs sera supprimée fin 2012, et le prêt à taux zéro sera "recentré" sur les logements neufs.

La barème de l’impôt sur le revenu sera gelé en 2012 et 2013 au niveau de 2011. Celui de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les tarifs et abattements en matière de droits de succession et de donation seront également gelés.

Jugeant "légitime" que les plus aisés soient davantage mis à contribution, François Fillon a annoncé que le prélèvement forfaitaire obligatoire sur les dividendes et les intérêts serait porté de 19% à 24% "de manière à effacer complètement la différence de taxation (des revenus du capital) avec les revenus du travail".

Une majoration de 5% de l’impôt sur les sociétés est prévue en 2012 et 2013 pour les entreprises réalisant plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour un gain de 1,1 milliard d’euros.

L’Etat entend donner l’exemple en programmant 500 millions d’euros d’économies supplémentaires pour 2012, qui s’ajoutent au milliard annoncé lors du premier plan d’économies du 24 août – ce qui fait du budget 2012 "le plus rigoureux depuis 1945" avec une baisse de 1,5 milliard, a insisté François Fillon.

"A partir de 2013, les dépenses de l’Etat diminueront en valeur d’un milliard d’euros par an", a-t-il indiqué.

Au chapitre symbolique, les salaires du chef de l’Etat et des ministres seront gelés jusqu’au retour à l’équilibre en 2016, et les dotations aux partis politiques seront réduites.

François Fillon a exhorté les dirigeants des entreprises du CAC 40 à "faire exactement la même chose" pour ne pas se rendre coupables d’"indécence" en cette période de crise aiguë.

Les collectivités locales, qui représentent un peu plus de 20% de la dépense publique, sont relativement épargnées puisqu’elles sont invitées à un effort de "transparence" avec la publication annuelle, désormais obligatoire, de l’évolution de leurs effectifs et de leur train de vie.

Sophie Louet, avec Jean-Baptiste Vey, Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal

Politique sociale: Deux tiers des Français affectés par la crise

Ce résultat est comparable à ceux observés lors des précédentes enquêtes (65% en février 2009, 68% en avril 2009 et 65% en septembre 2010), mais la proportion des personnes interrogées estimant que la crise les affecte "beaucoup" (30%) est en augmentation (21% en février 2009, 25% en avril 2009 et 20% en septembre 2010).

Selon ce sondage, réalisé les 3 et 4 novembre, en pleine crise de la dette grecque et de déroute des marchés financiers, 32% des Français s’estiment en revanche peu ou pas du tout affectés par la crise, dont 7% "pas du tout".

Le perception de l’impact de la crise varie selon les catégories socioprofessionnelles, 78% des commerçants et 76% des employés déclarant subir ses effets, contre 52% des cadres supérieurs.

L’étude note également que "les sympathisants des partis les plus extrêmes" se sentent plus touchés par la crise que la moyenne des Français. 76% des proches de LO, du NPA et du Front de Gauche et 77% des proches du Front National ressentent ses effets, contre 68% des sympathisants du Parti Socialiste et 60% de ceux de l’UMP.

Il existe enfin des disparités selon l’âge des sondés, la perception de la crise étant plus forte chez les 35-64 ans (72%) que chez les moins de 35 ans (63%) ou les plus de 65 ans (61%).

Le sondage a été réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 1.016 personnes représentatif de la population française, selon la méthode des quotas.



Crise financiere: Faut il permettre aux Français un retour au franc

Selon un sondage Ifop pour le site internet Atlantico, 32% des Français souhaitent de retour à l’ancienne monnaie nationale contre 67%. Le chiffre était de 37% en septembre dernier.

Ce souhait d’un retour au franc est notable chez les sympathisants du Front national (72%), faible chez ceux de l’UMP (17%) et important chez les sympathisants de gauche (30%).

Le sondage a été réalisé par téléphone les 3 et 4 novembre auprès d’un échantillon de 1.016 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, formé selon la méthode des quotas.

Thierry Lévêque

Crise: Dernières discussions sur la cure d’austérité en France

Alors que des réunions devaient se dérouler à Paris, le Premier ministre, François Fillon, en déplacement en Haute-Savoie, a parlé "d’heure de vérité" et présenté comme inévitables les sacrifices pour un retour à l’équilibre des comptes publics.

Ce sera le second plan d’austérité depuis fin août après une série de nouvelles taxes décidées à l’époque sur les boissons sucrées et avec édulcorants, certains alcools, le tabac, les assurances complémentaires de santé et certains hauts revenus afin de dégager 11 milliards d’euros de recettes nouvelles en 2012.

Ce plan a été rendu insuffisant par la révision de la prévision de taux de croissance de 1,75% à 1% en France pour 2012, ce qui nécessite selon le gouvernement de trouver six à huit milliards d’euros supplémentaires par an. Ces chiffres sont considérés comme encore optimistes par certains économistes, qui annoncent plutôt une récession de 0,1%.

S’exprimant devant 800 élus locaux à l’assemblée générale des maires de Haute-Savoie à Morzine, le Premier ministre a blâmé les gestions passées. "Nous avons perdu une part de nos richesses du fait de la concurrence, sans rien changer à notre façon de vivre, alors, nous nous sommes endettés", a-t-il dit.

"L’heure de vérité a sonné, il n’est pas utile de s’en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire, pas utile de faire croire qu’il y a des trésors cachés pour financer nos dépenses publiques", a-t-il ajouté.

"Quand on a le record de la dépense publique et qu’on détient le record des prélèvements obligatoires par rapport à la richesse produite, il n’y a pas d’autre recette pour réduire l’endettement que de réduire les dépenses", a-t-il ajouté.

Il a promis que le budget de l’Etat pour 2012 serait un des plus rigoureux depuis l’après-guerre.

HAUSSE DES IMPÔTS ET JOURNÉE DE TRAVAIL

Nicolas Sarkozy, qui avait promis comme candidat à l’Elysée de ne pas augmenter les impôts et dont la cote de popularité est toujours en berne, se trouve politiquement en difficulté sur le sujet, qui sera laissé à François Fillon avec une conférence de presse lundi.

L’opposition lui reproche en effet les nombreuses exemptions fiscales votées au début du quinquennat, comme la baisse de la TVA sur la restauration de 19,6% à 5,5%, qui coûte jusqu’à trois milliards d’euros par an à l’Etat sans résultats clairs sur l’emploi et les prix.

Pour le nouveau plan de rigueur, le gouvernement français envisage de créer une deuxième "journée de solidarité" où les salariés travailleraient au bénéfice du budget de l’Etat, croit savoir le Journal du Dimanche.

Une première journée de ce type a été instaurée par le gouvernement Raffarin en 2003 au bénéfice de la politique en faveur des personnes âgées, après la canicule meurtrière de l’été qui avait tué 14.800 personnes.

D’abord fixée au lundi de Pentecôte, elle est depuis 2008 fixée généralement au choix des entreprises ou des salariés, qui peuvent par exemple sacrifier un des jours de congés compensateurs de la réduction du temps de travail hebdomadaire à 35 heures, s’ils en ont.

Cette "journée de solidarité" est critiquée depuis sa création puisque par définition, elle ne pèse que sur les salariés, et non sur les professions libérales et les retraités.

Le gouvernement pourrait aussi, dans le cadre du plan d’austérité, créer un taux intermédiaire de TVA à 7% sur certaines activités comme le BTP et la restauration, ou relever le taux de 5,5% sur tous les produits.

Il est possible aussi, selon des "fuites" dans la presse, que soit augmenté le taux de l’impôt sur certaines grandes sociétés, ou sur toutes, de 33 à 36%.

Thierry Lévêque, avec Catherine Lagrange à Morzine, édité par Jean-Loup Fiévet

la CPI a des “contacts informels” avec le fils de Kadhafi Seif Al-Islam

 "Nous avons des contacts informels avec Seif via des intermédiaires", a déclaré le procureur Luis Moreno-Ocampo, cité dans un communiqué : "le bureau du procureur lui a signifié très clairement que s’il se rendait à la CPI, il aurait le droit d’être entendu devant la cour, il sera innocent jusqu’à preuve du contraire".

Seif Al-Islam, 39 ans, est recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité, dont le meurtre et la persécution, commis depuis le début de la révolte, à la mi-février, contre le régime de son père Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre par les rebelles libyens.

 

Successeur officieux de son père et "premier ministre de facto" de l’ancien régime, selon la CPI, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis le 27 juin et d’une "notice rouge" d’Interpol depuis le 9 septembre.

Selon un responsable touareg, Seif Al-Islam se serait rendu mardi à la frontière du Niger pour y chercher refuge.