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Parer aux urgences: Des idées pour transformer l’économie de la Tunisie (Courrier de Tunisie N°1. 13-19 octobre 2011)

Partant d’une analyse des grandes caractéristiques du contexte économique et social de la Tunisie et d’une réflexion sur les actions les plus urgentes et à mettre en œuvre dans le court terme, ce rapport décortique les problématiques et les défis de développement du pays pour les prochaines années et s’attarde sur les axes d’engagement et les dix « grandes idées pour la prospérité et la justice sociale ». Les experts du ministère de la planification et de la coopération internationale présentent ainsi un diagnostic sans complaisance de l’économie tunisienne qui n’aurait pour objectif, du moins selon le chef du gouvernement provisoire, que d’« animer le débat d’idée fécond » et de « préparer un cadre d’analyse et de réflexion et d’identifier des axes d’engagement et des domaines d’action qui contribueront à donner confiance au pays dans son ensemble »,

La stratégie proposée par le gouvernement comporte dix « grandes idées, repose sur cinq principes d’action et comporte trois phases de réalisation ». Elle a l’évident mérite d’essayer de recadrer les débats et d’attirer l’attention sur les déceptions, les frustrations et les attentes des jeunes révolutionnaires que les objectifs « officiels » de la révolution et les considérations politiciennes ont tendance à occulter ou à traiter en sous-main et de façon quelque peu marginale. Même si les polémistes qui saturent nos médias pourraient nous rétorquer qu’un tel effort arrive soit trop tôt soit trop tard pour une période d’accélération de l’histoire et où les incertitudes économiques et politiques ne manquent pas, il nous semble que ce travail présente une  multitude de qualités:

-         Tout d’abord, il dresse un diagnostic clair, « froid », objectif et en tous cas sans complaisance ni sinistrose de la situation économique du pays. Par les temps qui courent, cela relève presque de la prouesse intellectuelle et politique. En repensant au flou, à l’opacité et parfois même aux maquillages qui accompagnaient les analyses officielles de ce qui été présenté comme les exploits de notre économie; en observant le déchaînement des passions et des populismes qui accompagne, dit-on naturellement, les révolutions, une telle analyse experte des conditions de redémarrage de la croissance mais qui ne se coupe pas d’un projet politique de transition démocratique relève du salut public.

-         Ensuite, ce rapport conditionne le traitement des questions économiques à la redéfinition de leurs soubassements politiques ou plus exactement au volet « technique » et « institutionnel » de celle-ci : la gouvernance et à la promotion d’une valeur considérée comme centrale : la justice sociale. Ce n’est certainement pas par hasard que le titre de ce rapport rappelle l’éternel enchevêtrement entre prospérité et justice sociale et que la première des « grandes idées » développée dans ce rapport porte sur la construction de la confiance par « la transparence, la responsabilité sociale et la participation citoyenne ».  

-        Sans surcharger le trait, cette analyse évite tout autant la tentation des faux-fuyants que celle des règlements de compte où le premier à prendre la parole se transforme en juge d’un tribunal post révolutionnaire prêt à décapiter sans discernement ou à se résigner à jeter le bébé avec l’eau du bain. Le ton de cette réflexion est juste: L’économie  Tunisienne est à réparer ou à transformer, elle n’est pas à refaire, du moins pas de zéro. Les nombreux (et éternels) militants de la cause de la modernisation de l’économie et de la société tunisiennes, y trouveront des réponses et même une forme de « sagesse » qui ne figurent pas toujours dans les analyses et les programmes des anciens opposants au régime et à la dictature mise en place sous Ben Ali.

-          Il tente de dépasser l’urgence pour dégager les tendances de fond, rappeler des valeurs aussi bien tunisiennes qu’universelles et fonder des stratégies sur de « grandes idées ». On l’a déjà dit, la panne de la Tunisie était essentiellement une panne d’imagination, le rêve n’était plus permis et la saturation du « modèle économique tunisien » ne faisait plus de doutes. Les discours programmatiques et les leçons que les caciques de l’ancien régime donnaient sur l’importance de l’innovation et de l’entreprenariat cachaient à peine l’essoufflement de ces deux valeurs au sommet de l’Etat. À son tour, la panne de l’imagination institutionnelle ne pouvait que creuser la tombe de la créativité organisationnelle.

-          Chronologiquement, ce rapport arrive après la publication des programmes politiques, économiques et sociaux de la plupart des partis qui prétendent, aujourd’hui, gouverner la Tunisie. Façon de ne pas biaiser les analyses des uns et des autres, de limiter la dérive du copier-coller des « experts » mobilisés par ces partis, de montrer également le chemin qui reste à faire en matière de capacités d’analyse et d’expertise de beaucoup de ces partis plus habitués à la contestation politique et à la surenchère économique qu’à la programmation, la prévision et la prospective responsable tout aussi pragmatique qu’engagée dans la construction de nouvelles réalités.

-          Il vise à promouvoir le débat. Un débat ouvert aux partis politiques mais également à la société civile et aux « think tank » qui commencent à se démultiplier un peu partout, aux frontières de l’échiquier politique. La démocratie représentative est un processus ponctué d’élections, mais elle n’est rien sans une délibération continue et élargie adossée à une expertise publique et privée. En commettant ce rapport, le gouvernement certes provisoire et chargé de gérer les affaires courantes, apporte une contribution majeure et durable au débat qui ne doit pas/plus s’interrompre.

Venons-en au texte lui-même. Qu’en est-t-il des urgences de l’économie tunisienne ? Comment passer de l’urgence, à la transition pour enfin, déboucher sur l’émergence ? Et surtout comment éviter que l’explosion de revendications trop longtemps sécuritairement étouffées, que l’empressement à tirer profit de la révolution, que les concessions accordées et à venir pour racheter une certaine paix sociale et que le « coût de la démocratisation » ne deviennent trop lourd, qu’ils altèrent les futurs possibles et nous conduisent à un cycle récessionniste? Comment transformer une rupture politique et une révolte sociale en un sursaut et une véritable révolution économique ?

Le diagnostic

Retenant un objectif de croissance pour 2011 de 0,2%, le rapport annonce que le nombre de chômeurs risque de passer à plus de 650 mille contre 490 mille à fin 2010. En plus de la baisse des recettes du tourisme (évaluée à 51%), celle des investissements directs étrangers (évaluée à 17,2%), 78 sociétés étrangères ont mis fin à leurs activités en Tunisie engendrant une perte d’environ 6000 emplois. L’augmentation des besoins de financement de l’économie (19,9 milliards de dinars en 2011 contre 18,8 en 2010) se ressentira d’autant plus que le taux d’épargne baissera de 2 points du PIB (par rapport à 2010), qu’il y a une baisse des réserves de change du fait des remboursements importants de la dette en 2011 ainsi qu’une baisse des recettes d’exportations et des flux d’investissement extérieurs.

Au niveau des finances publiques, la loi des finances complémentaire a porté le déficit du budget de l’Etat à 3,5 milliards de dinars soit un niveau quatre fois supérieur à celui de 2010.

Les tensions qui pèsent sur les économies européenne  et américaine, la situation encore très instable en Libye et les pressions inflationnistes qui pèsent sur l’économie algérienne, ne faciliteront pas les choses pour une économie tunisienne qui devra très rapidement trouver les ressources pour « boucher les trous » et pour entamer une réforme structurelle de moyen et long terme. À la certitude des évolutions technologiques rapides (qui risquent d’aggraver le retard technologique de notre pays) se superposent les aléas climatiques et les évolutions erratiques (mais le plus souvent à la hausse) des prix des matières premières et de l’énergie.

Pour 2012, le rapport prévoit ainsi une croissance de 3%, niveau jugé insuffisant pour « préparer la transition économique et garantir les conditions de la stabilité politique et sociale ».

Les actions de court terme

Face à cette situation, le gouvernement provisoire a définit un programme « à court terme » composé de trois volets : un programme de relance économique, un programme de réformes intitulé « Gouvernance, opportunités et développement inclusif » et un volet mobilisation des ressources financières additionnelles. Signalons tout de suite qu’aucune précision n’est donnée sur la durée réelle de ce « court terme » et que certaines actions, notamment celles qui relèvent du deuxième volet, nous semblent exiger des changements structurels qui pourraient s’étaler sur une période qui dépasserait facilement 2016.

En tenant compte du recul des exportations et de l‘investissement national et étranger, le programme de relance économique parie sur la relance de la demande intérieure par l’action sur cinq axes : la création d’emplois (notamment 20 mille nouveaux postes d’emplois à titre exceptionnel dans la fonction publique et accompagnement actif des demandeurs d’emplois); la promotion du développement régional par un programme d’investissement en infrastructure et une nouvelle gouvernance locale; le développement de l’investissement privé et l’appui aux entreprises sinistrées (notamment dans les régions); le renforcement des actions sociales visant à améliorer les conditions de vies des habitants dans les régions défavorisées (par les aides et le micro-crédit) et enfin, l’amélioration des conditions sécuritaires.

Le deuxième volet et ensemble d’actions à court terme intitulé «Gouvernance, opportunités et développement inclusif » comprend une vingtaine de mesures qui concernent la gouvernance, le secteur financier, l’emploi et le développement régional et, enfin la réforme des secteurs sociaux.

Par gouvernance, le rapport précise qu’il s’agira de renforcer l’action associative par la suppression des clauses discrétionnaires et des restrictions ; le renforcement de la transparence, l’assainissement de la concurrence, la « réforme participative et cohérente des structures de l’administration, la facilitation de l’accès à l’information (…) et l’amélioration de l’efficacité et de la transparence des procédures de passation des marchés publics ». Mêmes si elles sont importantes ces mesures ne nous semblent pas vraiment innovantes et pour espérer être réellement efficaces, ne peuvent être envisagées sur le court terme.

Concernant le secteur financier, le rapport précise qu’il s’agira de « rétablir la confiance dans le secteur bancaire au moyen de l’adoption de critères de sélection des administrateurs et des dirigeants des institutions bancaires, (…) de réviser le cadre réglementaire régissant la micro-finance, de revoir le volet prudentiel et de renforcer le capital risque ». Là aussi, les intentions sont bonnes même si la question de la confiance nous emble quelque peu parachutée et que rien n’est dit sur le secteur des assurances et sur celui de la finance directe.

Dans les mesures et  réformes relatives à l’emploi et au développement régional, le gouvernement précise qu’il s’agira de « renforcer les mécanismes de création d’emploi et l’amélioration de l’employabilité en développant les perspectives d’insertion à la vie professionnelle particulièrement dans les régions intérieures et défavorisées ». D’autres l’ont déjà dit (avec plus de précisions et des délais moins contraignants). On reste sur notre faim.

Le quatrième et dernier ensemble d’actions du programme «Gouvernance, opportunités et développement inclusif » concerne les réformes visant les secteurs sociaux. On y lit notamment que le gouvernement provisoire se propose d’améliorer les conditions de vie des populations et d’atténuer les disparités régionales grâce à la mise en place d’un programme d’intervention visant à développer des services sociaux de proximité dans les régions les plus défavorisées (services de soins et d’assistance sociale aux plus vulnérables) ; la création d’un « système d’évaluation périodique afin de réduire les obstacles géographiques à l’accès aux services publics dans les régions reculées du pays » et la mise en place « avec la participation des associations locales, des citoyens et des prestataires de services, d’un mécanisme de suivi et d’évaluation de la performance des services publics en matière de santé, d’éducation, de couverture sociale et de prestations administratives ». Le recours aux notions d’évaluation et de performance dans un domaine aussi sensible que celui des prestations et des « fractures » sociales nous interpelle et nous rappelle que tout cela restera à la merci de l’adoption d’une nouvelle approche (d’un nouveau paradigme) de la question de la solidarité, de l’imbrication de l’économique et du social mais également de la fonction publique et du fonctionnement bureaucratique des structures de la solidarité. Rien ou presque n’est dit sur la partie chargée  d’organiser ces évaluations ni sur les contours de la nouvelle gouvernance locale (et pas que régionale) qui aurait à prendre en charge ces actions.

Le troisième et dernier volet des actions à court terme concerne la mobilisation des ressources financières additionnelles. Ici, le gouvernement précise qu’un plan d’action pour la mobilisation de ressources financières extérieures additionnelles d’origine publique de 4,2 milliards de dinars a été mis en place, que le G8 nous a promis un soutien important et que l’augmentation du taux d’endettement générée par ces financements atteindra 38% du PIB à fin 2011 alors que la dette publique avoisinera le taux de 45% ce qui « laisse une marge importante pour la relance économique au-delà de l’année 2011 ». S’il ne nous semble pas opportun de prendre une position de principe -pour ou contre l’endettement – alors que tout dépend de l’usage qui est fait des financements, il nous semble que la question de la mobilisation des financements interne aurait mérité un traitement plus approfondi et pourrait, à un moment où les tunisiens se réapproprient leur pays, être un levier important non seulement pour financer les grands projets à venir, mais également pour instaurer de nouvelles relations d’appartenance et d’intérêt pour la chose publique dans la Tunisie d’après le 14 janvier.

Les actions à court terme sont importantes. Mais l‘avènement d’un nouveau modèle de développement et l’instauration de nouveaux rapports de confiance est une question de longue haleine. C’est à cela qu’est consacrée la troisième partie du rapport du ministère du plan. On t développe les « dix grandes idées pour la prospérité et la justice sociale ». Chacune de ces idées et un programme en soi. Nous y reviendrons plus en détails avec l’esprit critique qui sied à tout débat public.

Karim Ben Kahla, Octobre 2011

KbenKahla@gmail.com

Tunisie: LA FORCE POLITIQUE D OPPOSITION TUNISIENNE OU LE FER DE LANCE DE LA DEMOCRATIE

L’organisation et le fonctionnement politique de l’État démocratique implique l’existence de la pluralité se composant d’une kyrielle de partis politiques qui concoure dans son ensemble à l’expression politique du pays. Elle permet au peuple d’élire, en toute souveraineté, ses gouvernants parmi diverses forces dites d’opposition. L’opposition est donc un facteur essentiel de la démocratie. C’est donc afin de permettre  ce libre choix que l’Etat, garant de l’unité, du consensus ou de l’unanimité se voit investit de la responsabilité de l’existence, de l’inscription et de la cohabitation harmonieuse d’une force d’opposition politique a minima.

  Or, jusqu’ici, le seul mode de fonctionnement que nous ayons véritablement connu était celui par lequel le peuple s’est retrouvé assujetti aux modalités de l’obéissance voire de l’adhésion. Ajoutés à cela, la répression et le contrôle policier, le mécanisme de domination des forces politiques d’opposition ne pouvait qu’être d’un dictat total allant jusqu’à enfreindre les principes fondamentaux des droits de l’Homme et de la liberté d’expression.

  Pendant de nombreuses décennies, l’opposition politique a été incompétente et incapacitée à faire obstacle au parti au pouvoir dans ses manœuvres de conservation illégitime du pouvoir mais aussi inapte à établir un équilibre de forces pour contraindre l’établissement d’un État de droit car en réalité, l’opposition manifestée était davantage contre des personnes qui incarnaient l’irresponsabilité, l’incompétence, la duplicité, l’autoritarisme, plutôt que le système politique lui-même.

  Dans cette logique, il importait donc à chacun des opposants de se distinguer non par des principes politiques, des valeurs ou des philosophies d’envergures mais à des faits de prouesses personnelles. C’est pourquoi, nous avons eu droit à une opposition diverse certes, mais éparse, trop ambitieuse, inconstante et désorganisée : personne ne voulant réellement s’unir ou s’effacer devant l’autre. C’est d’ailleurs cet égoïsme des différents acteurs de l’opposition qui valu aux partis démocrates, l’échec cuisant qui fut le leur dernièrement. Vanité de vanité ,tout n’est que vanité. Les partis politiques doivent désormais se structurer pour peser sur l’échiquier et représenter une force active de la démocratie réelle.

  Afin de prévenir toute nouvelle tentation à nos futurs dirigeants de mener une politique portant atteintes aux droits et libertés et qu’ils gouvernent selon les principes démocratiques, il est impératif d’exiger la reconnaissance ainsi que la définition de la notion de l’opposition mais aussi de lui définir un statut et de lui accorder des droits écrits dans les textes de notre future constitution. L’opposition représente la clé de voûte de l’enjeu démocratique. Inefficace, la démocratie failli alors.

  En démocratie, l’opposition critique en  fournissant des thèses contradictoires,, contrôle la majorité tout en garantissant la défense de tout pouvoir arbitraire et propose en veillant à élever le débat public mais elle est avant tout un contre pouvoir.

Par sa perspicacité, sa stratégie, son intégrité et son efficacité dans la recherche de l’alternance ou de la mutation politique, elle oblige le pouvoir à favoriser l’expression de la démocratie.

 Compte tenu du fait que l’opposition aspire elle aussi au pouvoir et participe au jeu démocratique politique en terme de responsabilité, elle doit donc disposer des mêmes moyens d’actions que la majorité.Mais devrait également jouir de droits inhérents au bon fonctionnement de ses activités politiques tels que :

  • la représentation de ses membres au sein des institutions
  • accès aux travaux gouvernementaux
  • droit à être reçue et invitée par des personnalités ou organisations étrangère par voie diplomatique
  • faire entendre ses positions par le biais des médias d’Etat

Il n’en reste pas moins que les moyens d’actions au niveau de la presse et du droit de la réunion sont ceux qui nécessiteront la plus stricte attention pour permettre une expression libre. Sa raison d’être lui impose de fait de participer au développement de l’esprit démocratique tout en respectant la constitution, les institutions et les règles de la majorité bien entendu.

  En conclusion, il est temps que les forces d’opposition politiques  dépassent le rapport aux leaders politiques actuels, s’organisent, se rassemblent et se posent enfin en tant qu’institution d’alternance politique pour faire le jeu démocratique en leur sein avant d’espérer voir le peuple se mobiliser pour eux car tester la loyauté du peuple est une expérience « d’autant plus dangereuse à  tenter qu’elle ne peut être faite qu’une fois ».Il est temps de prévenir la répétition de l’épisode des dernières échéances électorales.

Pour reprendre Eric Hoffer : « le seul moyen de prévoir  l’avenir c’est de se donner les moyens de le façonner », nous devons œuvrer à une évolution endogène enracinée dans la modernisation des partis politiques par l’inscription de droit dans le mécanisme constitutionnel dans la perspective de l’existence d’une vie démocratique politique constante. Et n’oublions pas que le peuple tunisien post-14 janvier est celui de  nouveaux citoyens avec de nouvelles préoccupations, de nouvelles valeurs, de nouvelles manières d’être, de penser et d’agir. Seul le sentiment d’être partie prenant dans les décisions et leurs exécutions d’une cause les mobilisent désormais.

par Didon Elissa,

Tunisie : Ennahda donne des gages d’ouverture

 Le parti islamiste Ennahda, vainqueur des premières élections libres dans l’histoire du pays, veut montrer son ouverture. Rached Ghannouchi, le chef du parti, a réaffirmé vendredi lors d’une conférence de presse son «engagement envers les femmes», et assure vouloir «renforcer leur rôle dans la prise de décision politique, afin d’éviter toute marche arrière sur leurs acquis». 

Rached Ghannouchi en a profité pour préciser que 42 des 49 élues au sein de l’Assemblée constituante étaient des femmes de son parti.

Par ailleurs, le leader d’Ennahda a tendu vendredi la main aux autres forces politiques pour «construire un régime démocratique». «La démocratie, c’est pour tout le monde, nos cœurs sont ouverts à tout le monde, on demande à tous nos frères quelles que soient leurs orientations politiques de participer à l’écriture de la constitution et l’instauration d’un régime démocratique», a -t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Alors que de nouveaux affrontements éclatent à Sidi Bouzid, après ceux de jeudi soir, le parti islamiste prône l’unité de la Tunisie. «La révolution n’a pas eu lieu pour détruire un Etat, mais pour détruire un régime. Nous sommes déterminés à protéger l’Etat tunisien», a martelé Rached Ghannouchi. «Il y a eu une révolution dans ce pays. Les gens veulent un changement de politique et de visages», a ajouté le leader du parti interdit sous le président Ben Ali, et légalisé après la révolution.

LeParisien.fr

 

L’impardonnable faute des laïcs tunisiens

 

Cela donne : «Victoire des islamistes à Tunis» et, entre les lignes, «Fin du printemps arabe», «Révolution confisquée», «La Tunisie substitue, par le vote, une dictature à une autre». L’Occident adore se faire peur. On pourrait même avancer qu’il n’est, inconsciemment, pas mécontent de pouvoir se dire que les Arabes ne sont décidément pas faits pour la démocratie, qu’il y aurait bel et bien incompatibilité entre l’islam et les libertés et qu’il ne faudrait surtout pas désarmer face au «fascisme vert». Même les plus imbéciles des certitudes ont la vie dure mais il n’en reste pas moins, dira-t-on, qu’Ennahda est maintenant devenu le premier parti de la Tunisie nouvelle et que c’est donc les islamistes qui la gouverneront demain.

Oui, c’est vrai, mais à qui la faute ?

La réponse n’est que trop claire. Ce ne sont pas les électeurs tunisiens qui l’ont voulu. Ce n’est pas, non plus, le résultat d’une manipulation islamiste. La faute en revient – les faits sont là – aux courants laïcs et à leurs chefs de file qui n’ont pas été fichus de se présenter unis aux élections ou d’annoncer, au moins, qu’ils gouverneraient ensemble, derrière celui de leurs partis qui serait arrivé en tête.

Cela aurait tout changé. C’est une tout autre dynamique qui se serait instaurée mais, tandis que les islamistes s’unissaient, les laïcs se sont divisés, se sont déchirés dans des querelles de chapelles et de ténors alors qu’il y a autant de différences entre eux qu’entre trois nuances des centres gauches européens. Si la révolution tunisienne a été trahie, elle l’a été par l’irresponsabilité de laïcs qui n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu mais, le mal étant fait, si déplorable que cela soit, où est la tragédie ?

Non seulement ces élections ont été parfaitement régulières, non seulement la Tunisie a su les organiser, en neuf mois, alors que rien ne l’y avait jamais préparée, mais les islamistes ont dû admettre qu’ils ne pourraient pas s’y présenter en imprécateurs, prêchant le voile et le jihad. Les islamistes tunisiens ont répudié la violence, troqué les bombes contre le bulletin de vote, présenté des femmes en cheveux qu’ils auraient, hier, dénoncées comme des créatures du diable et vouées au bûcher, et il ne faudrait pas s’en féliciter ?

Il y a trois décennies que tous les démocrates du monde arabe et d’ailleurs espéraient cela et il faudrait y voir une défaite de la raison et une victoire de l’obscurantisme ?

Oui, précisément, il le faut, entend-on, car ce ne serait là que «double langage». Eh bien non ! Si les islamistes tunisiens ont pris ce tournant, c’est que la théocratie ne fait plus envie à personne dans le monde arabe depuis qu’on a vu ses effets en Iran, que le jihadisme avait atteint un tel degré de folie sanguinaire qu’il a détourné de lui jusqu’à ses plus proches sympathisants et totalement échoué, que les succès électoraux que se sont assurés les islamistes turcs en acceptant la démocratie ont été médités par l’islamisme arabe et que ce tournant s’est imposé car le temps, en un mot, a fait son œuvre. Les points qu’ont ainsi marqués, dimanche, les islamistes tunisiens pourraient bien accélérer l’évolution de tout l’islamisme arabe, mais est-ce à dire qu’Ennahda est devenu le plus aimable des partis ?

C’est tout le contraire. Drapé dans le Coran comme d’autres l’étaient dans l’onction ecclésiale, Ennahda incarne une droite réactionnaire, très semblable aux droites religieuses de l’Europe d’avant-guerre ou de l’Amérique d’aujourd’hui et propre à attirer, comme il l’a fait, les couches les plus traditionalistes de la société, petits commerçants et petits fonctionnaires en quête d’ordre, de repères et d’identité.

C’est tout sauf une droite éclairée, mais ce n’est ni la lapidation des femmes adultères ni la guerre sainte contre l’Occident. Ce n’est que la première droite d’une démocratie naissante, une droite d’autant plus inquiétante qu’elle croit avoir le monopole de la morale, mais une droite beaucoup plus composite qu’il n’y paraît et dont l’évolution n’est pas achevée. Cette droite n’est pas plus à ostraciser qu’à diaboliser. Elle est à prendre aux mots de sa conversion démocratique, à contester et combattre par la politique devant une société dont la moitié n’avait pas voulu la porter au pouvoir.

Un loup dans la bergerie!

 

Certes, le gourou est parti sous de nouveaux cieux profitant de l’hospitalité de Aal Souud,ses caciques sont bien la et constituent desormais une force politique  issue des urnes,avec un nombre important de sieges dans la constituante et feront tout pour redorer leur blason terni un certain 14 janvier.

 

Il est des lors important de porter une modeste analyse a ce qui arrive et aux defis qui sont en face du peuple tunisien et de son embryonnaire democratie qui commence a prendre forme tel un foetus au premiers jours de son existance.

 

Il va sans dire que bon nombre de mes concitoyens sont abattue a l’idee de voir Ennahdha arriver en tete avec un ras de maree tellement important que les visages s’assombrissent et les ames se ternissent. Ennahdha constite pour certains un ogre dont les dessiens sont pour le moins destructeurs du modele societal tunisien,longtemps envié par les autres peuples.

 

Il faut dire que j’appartiennes a ce courant qui se proclame moderniste et progressiste et bien evidemment je n’ai pas voté Ennahdha pour les raisons que vous connaissez surement et que je viens de mentionner.

 

Toutefois, j’ai appris que dans la vie seuls les imbeciles ne changent pas d’avis et changer d’avis est loin d’etre une versatilité de la personne en fonction d’un opportunisme comme cetains pourraient le croire mais, est un geste salvateur surtt si des faits nouveau arrivent pour changer la donne et des faits  sont arrivés mais le tunisien continue a dormir sur ses lauriers facolisant sur son Ennemi juré: Ennahdha!

 

La petition populaire de Hachemi el Hamdi, un pantin senile est parvenue a glaner 25 sieges dans la constituantes avec des elus en guise des marionettes aux mains de forces obscures qui les orientent en fonction de plans diaboliques.

 

Le rcd a joué un coup de maitre ,il faut l’avouer et se retrouve comme par enchantement dans l’assemblee constituante raflant au passage la 3 place a Ettakatol et narguant meme le CPR quant a sa deuxieme place meritée.

 

Il faut pas etre dupe pour savoir qu’un parti ou une liste, avec "un leader" resté a l’etranger et qui n’a jamais foulé le sol du pays depuis 25, avec un programme pour le moins fantiaisite versant dans un populisme cynique et debile,n’arrive,normalement, jamais a sieger ne serait ce qu’avec un seul siege dans la constituante!Et pourtant cette liste se retrouve aujourd’hui avec la desolante realité dans l’assemblee constituante pour contribuer a ecrire la constitution de la Tunisie nouvelle qui est censé rompre avec le regime du mal!le regime du dechu.

 

je ne fais pas confiance a Ennahdha mais le discours que ses dirigents tiennent actuellement me rassure meme si ca reste encore des paroles dans l’air mais je refuse de ne pas leur donner le benefice du doute pour la simple et l’unique raison qu’Ennahdha et a contrario de ce que pensent sa masse populaire et ses detracteurs n’est pas libre de son destin, voire meme dans une mauvaise posture meme si les chiffre la conforte par rapport aux sieges recoltés dans l’assemblee constituante. Ceci ANC l’a bien compris et depuis dimanche dernier n’a cessé de dire et de redire qu’il sera dans l’opposition sous entandant qu’il verrait bien,de loin, Ennahdha se morfondre dans l’heritage douloureux laissé par Zaba!

 

Je pense qu’au point ou nous en sommes actuellement, la sagesse serait d’enterrer la hache de guerre brandit vis a vis d’Ennahdha et de se mettre tous comme un seul homme contre le Neo RCD ,qui  commence a miroiter les menaces de la descente dans la rue pour creeer une autre revolution!la revolution de la contre revolution!

 

Nous ne devons en aucun cas jubiler de la bataille qui se profile a l’horizon entre Ennahdha et le Neo rcd parce qu’elle se passe d’abord sur notre terre commune  et parce que le Neo rcd compte sur la haine legendaire que les forces progressistes ont vis a vis d’Ennahdha, pour desaquilibrer l’epreuve de force en sa faveur!il aura ainsi fait d’une pierre deux coups;chasser Ennahdha et se remaintenir en place, la revolution n’aura duré que 9 mois et le foeutus democratique serait mort a la naissance.

 

Si je devrais choisir mon camp dans cette bataille, ca sera sans hesiter celui d’Ennahdha!