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France Télécom-Orange, la fin d’une époque

Sur l'année 2011, France Telecoms-Orange affiche un chiffre d'affaires consolidé de 45,277 milliards d'euros en stagnation par rapport à 2010 et en rapport avec les attentes des analystes.

Sur l’année 2011, France Telecoms-Orange affiche un chiffre d’affaires consolidé de 45,277 milliards d’euros en stagnation par rapport à 2010 et en rapport avec les attentes des analystes.AFP

L’année 2011 aura été bonne pour France Télécom, peut-être la dernière avant une période de vaches maigres. C’est en tout cas ce qu’avaient l’air de penser les responsables du groupe en marge de la publication, mercredi 22 février, des résultats financiers annuels de l’entreprise.

En 2011, France Télécom-Orange a dégagé un chiffre d’affaires consolidé de 45,3 milliards d’euros en stagnation par rapport à 2010 et en ligne avec les attentes des analystes. Le résultat d’exploitation s’est élevé, lui, à 7,9 milliards d’euros, en hausse de 5,1 % par rapport à 2010. “Nous avons atteint nos objectifs en 2011, commente Gervais Pellissier, directeur financier du groupe, mais nous pensons que 2012 va être une année difficile”.

Le problème ? “Un contexte macroéconomique plus dur que prévu mais c’est surtout ce qui se passe en France qui pose problème”, répond le haut responsable. A l’instar des autres opérateurs historiques, Orange fait face, dans l’Hexagone, à la déferlante Free mobile. Or avec 22, 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2011, la filiale française de France Télécom représente plus de 50 % des revenus du groupe.

Arrivé sur le marché en janvier 2012 avec des prix cassés (forfaits tout compris, voix et Internet illimité à 3 GO à 19,90 euros), le nouvel opérateur a bousculé ses concurrents. Il les a obligés à baisser leurs prix, et à rogner leurs marges. Ceux-ci ont déjà presque tous quasiment aligné leur offre “Sim Only” sans téléphone, (Red pour SFR, B You pour Bouygues et Sosh pour Orange) sur les tarifs de Free. L’offre illimitée voix, SMS et Internet de Sosh est très vite passée de 39,90 à 24,90 euros une fois les tarifs de Free rendus publics. Origami, le coeur de gamme d’Orange, à savoir les forfaits avec téléphone subventionné, qui présente les revenus par abonné les plus élevés, ne devrait pas non plus tarder à être lui aussi touché par la baisse des prix.

Dans un premier bilan de l’impact du lancement du 4e opérateur mobile en France, Orange admet avoir perdu 201 000 abonnés mobiles au profit de la concurrence entre le 31 décembre 2011 et le 15 février 2012. En dépit de l’accord d’itinérance qui le lie à Free – et qui lui garantit un revenu fixe d’un milliard d’euros sur trois ans – l’opérateur est donc déjà perturbé par l’arrivée du nouvel opérateur. Une tendance qui, selon les analystes, devrait s’accroître.

BAISSE DES DIVIDENDES

Résultat, le groupe qui prévoit un chiffre d’affaires stable mais des marges en recul pour 2012, annonce, pour la première fois, une baisse des dividendes sur le prochain exercice. Dans ce contexte, “nous nous sommes mis en position de renforcer notre politique de pilotage opérationnel et financier rigoureuse déjà mise en place en 2011, et décidons d’adapter la rémunération de nos actionnaires afin de garantir la solidité financière du groupe en toutes circonstances”, a annoncé Stéphane Richard, PDG de France Télécom.

Le dividende n’est donc plus fixe, mais indexé sur le flux de trésorerie. Or celui-ci devrait baisser en 2012, passant de 9,3 milliards d’euros à 8 milliards selon les projections. “En 2011, explique M. Pellissier, le dividende était à 1,40 euro par action, en 2012 il devrait être compris entre 1,21 et 1,36 euro”.

“Il faut que France Télécom s’adapte aux nouvelles conditions du marché !”, insiste Hervé Collignon, partenaire au cabinet d’analyse stratégique AT Kearney. Selon ses prévisions, si l’opérateur télécom ne fait rien pour répondre à la nouvelle donne économique, il pourrait bien voir sa marge opérationnelle divisée par deux d’ici 2015 !

Pour stabiliser la dette et anticiper l’arrivée du nouveau concurrent, l’entreprise a initié en mai 2011 une politique de réduction des coûts de 2,5 milliards d’euros d’ici 2015. Au programme : mise en commun et partage des réseaux avec d’autres opérateurs, mise en place de “BuyIn”, une structure d’achats communs avec Deutsche Telekom, ainsi qu’un gel des hauts salaires. “Nous avons déjà réalisé 360 millions d’euros d’économies“, se félicite M. Pellissier.

Côté syndicats, on craint que cette politique bloque les embauches en 2013 et ait un impact négatif sur les négociations salariales en cours.

“Ils sont pieds et poings liés à cause de la crise sociale, ça les empêche de prendre certaines décisions, commente M. Collignon. Il est probable qu’ils fassent supporter le coût des réductions aux filiales internationales du groupe.”

Outre les réductions de coûts, France Télécom entend miser sur l’innovation technologique pour se différencier de ses concurrents et garder sa base d’abonnés. Le groupe envisage d’augmenter ses investissements en recherche et développement, les faisant passer de 12,7 % de son chiffre d’affaires en 2011 à 14 % en 2012.

Premier chantier : la 4e génération de téléphonie mobile (4G). Orange voudrait déployer, dans au moins une ville de France d’ici la fin de l’année, cette nouvelle technologie, censée rendre l’Internet sur mobile quasiment aussi rapide que l’Internet fixe. Et ce en dépit de l’absence de téléphones capables de capter le réseau…

“En réalité, la 4G va se développer à un rythme très lent, estime Sébastien Crozier, du syndicat CFE-CGC/UNSA. Ils l’annoncent uniquement pour les grandes villes où les réseaux sont saturés et abandonnent le reste de la France en attendant que les prix des équipements baissent”. Selon lui, il en serait de même pour la fibre optique, fer de lance des opérateurs télécoms.

Pourtant, France Télécom qui, admet rester prudent, envisage grâce à cela de redresser la barre et de remonter son dividende en 2013.


Sarah Belouezzane

Article paru dans l’édition du 23.02.12

Article source: http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/02/22/france-telecom-orange-la-fin-d-une-epoque_1646784_3234.html#mf_sid=483965965

Le gouvernement italien dévoile son patrimoine

Mario Monti, celui qui se gratte le front, et son gouvernement ont publié leur déclaration de patrimoine.

Mario Monti, celui qui se gratte le front, et son gouvernement ont publié leur déclaration de patrimoine.REUTERS/ALESSANDRO BIANCHI

Une Harley Davidson 885 pour Giulio Terzi di Sant’Agatale, le chef de la diplomatie ; deux petits chalets en pierre – qui auraient besoin d’être rénovés – dans les Alpes italiennes pour le ministre des relations avec le Parlement, Piero Giarda.

Le président du conseil italien, Mario Monti, et ses ministres ont publié leurs revenus et patrimoine sur le site du gouvernement. Devant l’afflux de connexions, le site a été momentanément bloqué. M. Monti a été lui-même le dernier à publier sa déclaration de patrimoine, mardi peu avant minuit, juste avant l’échéance qu’il avait lui-même fixée à ses ministres.

MONTI ROULE EN LANCIA

Le président du conseil affiche pour 2011 un revenu de 1,01 million d’euros (contre 1,5 million en 2010) et est propriétaire de seize biens immobiliers, dont plusieurs à Milan et Varese, dans le nord du pays. Il possède également 50 % d’un appartement à Bruxelles, où il a longtemps travaillé comme commissaire européen. Dans sa déclaration, il souligne qu’il ne possède pas d’actions individuelles mais des sicav et obligations pour un montant total de 11 millions d’euros. Un détail : M. Monti ne semble pas être un amateur de belles voitures : il possède deux Lancia de 1995 et 1998.

Au classement des ministres les plus riches, une surprise : ce n’est pas le ministre du développement économique, Corrado Passera – l’ancien patron de la banque Intesa Sanpaolo –, qui remporte la palme. La ministre de la justice, l’avocate Paola Severino, avec plus de 7 millions d’euros de revenus en 2010, contre 3,5 millions pour M. Passera. Tous deux précisent aussi le montant versé au Trésor public : 4 millions pour Mme Severino, 1,5 million pour M. Passera.

120 309 EUROS MINIMUM

“Celui qui gagne de l’argent et paye ses impôts n’est pas un pécheur et doit être considéré avec bienveillance, pas avec envie”, a estimé la garde des sceaux. Le ministre le plus “pauvre” est le titulaire du portefeuille de la coopération internationale, Andrea Riccardi, qui a déclaré pour 2010 un revenu de 120 309 euros. Il ressort de cette initiative que la grande majorité des ministres (anciens banquiers, avocats, professeurs d’université…) verront leurs revenus s’écrouler en 2012. Ils ne toucheront “que” 200 000 euros bruts.

Article source: http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/02/22/le-gouvernement-italien-devoile-son-patrimoine_1646735_3234.html#mf_sid=483965966

Grèce : un déficit plus grave que prévu

Athènes table désormais sur un déficit de 6.7 % en 2012.

Athènes table désormais sur un déficit de 6.7 % en 2012.REUTERS/YIORGOS KARAHALIS

Le gouvernement grec mise désormais sur un déficit public de 6,7 % du PIB en 2012 contre 5,4 % prévu initialement. La cause ? ” Des écarts sont intervenus avec les prévisions initiales et les résultats de 2011, c’est pourquoi il faut réviser les chiffres de 2012 “, indique le projet de loi concernant les mesures de rigueur imposées à la Grèce par le nouveau plan d’aide européen. Très attendu, ce dernier devrait être voté ces prochains jours.

L’agence de notation Fitch Ratings vient d’abaisser la note à long terme de la Grèce de CCC à C. Aux yeux de Fitch, le pays n’est désormais plus qu’à un cran seulement au-dessus du défaut.

Pour retrouver le chemin de l’équilibre budgétaire, la Grèce vient de signer une convention internationale contre l’évasion fiscale de l’OCDE. “Cela permettra que les particuliers et les entreprises internationales paient le montant adéquat d’impôt, au bon moment et au bon endroit”, souligne Angel Gurria, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique, à la manœuvre dans ce dossier.

COUPLES CLAIRES

Le Parlement grec a validé la semaine dernière le principe d’un programme d’économies de 3,2 milliards d’euros, réclamés à grands cris par les créanciers du pays pour rattraper les dérapages des comptes publics. Le projet de loi prévoit des réductions budgétaires dans plusieurs ministères dont la santé, l’emploi, la défense, l’éducation et la culture et par conséquent des coupes dans les salaires et les retraites.

La Grèce subit sa cinquième année de récession. En 2011, Athènes avait d’abord anticipé une baisse de son produit intérieur brut de 5,5 %. Finalement, ce fut 6 %, d’après les dernières estimations.

Article source: http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/02/22/grece-un-deficit-plus-grave-que-prevu_1646841_3234.html#mf_sid=483947507

"L’objectif des Européens est de mettre la Grèce sous cloche"

Dans un chat avec les lecteurs du Monde.fr, Philippe Ricard, journaliste au bureau européen du Monde à Bruxelles, souligne que le plan de sauvetage accordé à la Grèce risque de fragiliser la coalition au pouvoir.

  • Quelle est la prochaine échéance de la Grèce ?

Philippe Ricard : Les Grecs ont quinze jours pour adopter une longue liste de réformes considérées comme indispensables par le FMI et l’Union européenne pour avaliser définitivement le second plan d’aide. L’accord survenu mardi matin dépend, en effet, du respect de ces demandes. Les dirigeants de la zone euro feront le point début mars lors d’un sommet spécial à Bruxelles, le 2 mars.

Ce n’est qu’après qu’ils fixeront le montant définitif du plan d’aide, en tenant compte aussi du résultat de la restructuration de la dette négociée avec les créanciers privés. Le gouvernement grec a donc deux semaines pour remplir la condition posée par ces bailleurs de fonds.

  • Les promesses qui ont été faites par les créanciers privés pourront-elles être tenues ? L’accord des banques sera-t-il volontaire ?

A priori, l’accord des banques est toujours considérée comme volontaire car il a été accepté par leurs représentants dans la nuit de lundi à mardi. Mais il n’est pas certain que la participation du secteur privé corresponde au niveau des attentes. Pour rappel, les banques, assurances et autres fonds doivent renoncer à 107 milliards d’euros sur un portefeuille estimé à 206 milliards (soit 53,5 %.)

Pour obtenir le plus fort taux possible de participation, le gouvernement grec va introduire dans les contrats obligataires une clause contraignante pour les investisseurs. Si la participation des créanciers privés n’était pas suffisante, ce sont les soutiens internationaux, comme le FMI et les Etats de la zone euro, qui devraient accroître leurs efforts.

  • L’objectif de réduction de la dette à 120,5 % du PIB en 2020 est-il réaliste ? un tel chiffre est-il soutenable ?

L’objectif est de parvenir à une dette de 120,5 % du PIB en 2020 contre plus de 160 % aujourd’hui. Les sacrifices demandés aux créanciers privés vont permettre de faire une partie du chemin. Les Etats de la zone euro ont aussi accepté de baisser les taux d’intérêt consentis sur le premier plan d’aide. Tout va dépendre maintenant de la façon dont la Grèce arrive à sortir de la récession dans laquelle elle est plongée. L’objectif est un retour à la croissance à l’horizon 2013. Mais rien n’est acquis dans ce domaine. On peut même penser que le plan d’aide est fondé sur des hypothèses plutôt optimistes en matière de conjoncture.

Au moindre retard, l’objectif de 120,5 % pour 2020 risque donc d’être fragilisé, surtout si le gouvernement grec n’arrive pas à mettre de l’ordre dans ses finances publiques. Là aussi, on peut avoir certains doutes car les différents efforts budgétaires demandés par les bailleurs de fonds internationaux sont eux aussi difficiles à appliquer. Les Européens se plaignent toujours, par exemple, de la fraude fiscale.

  • Les Grecs peuvent-ils supporter plus d’austérité ? les gouvernants ont-ils encore une marge de manoeuvre ?

Il est clair que les sacrifices exigés de la part des Grecs sont considérables. Le pays n’a pas réussi dans le cadre du premier plan d’aide, à tenir les objectifs fixés par le FMI, le BCE et la Commission européenne, mais il a fait de grands progrès en matière de réduction des déficits. On ne peut donc pas dire que les Grecs n’ont pas fait d’efforts, comme on l’entend parfois en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Finlande, les trois pays qui perdent le plus patience.

Le second plan d’aide est construit un peu différemment du premier. Il insiste moins sur l’austérité que sur la recherche de compétitivité. C’est pour cela que les bailleurs de fonds ont exigé des baisses de salaire dans le secteur privé. La mesure constitue là aussi un effort difficile à accepter pour la population, qui fragilise le gouvernement dirigé par Lucas Papadémos.

  • Que se passera-t-il si la Grèce ne remplit pas les conditions imposées par la troïka (Commission européenne, BCE, FMI)  ?

Le plan doit durer trois ans, jusqu’à la fin 2014. Cela laisse donc un peu de temps aux Grecs pour tenter de redresser leur économie. Ceci dit, l’aide sera débloquée par tranche, environ tous les trimestres. FMI et zone euro auront donc la possibilité de multiplier les pressions pour obliger les Grecs à tenir leurs objectifs.

Le deuxième plan d’aide va, de surcroît, renforcer la supervision du pays par des experts détachés par l’UE ou le FMI. Il s’agit là aussi de contrôler la façon dont les Grecs mettent en ?uvre les engagements pris. Un compte spécial va être mis en place auprès de la Banque centrale grecque, sous monitoring de la troïka qui recueillera chaque trimestre l’ensemble des sommes destinées à rembourser les créanciers. Le pays devra aussi inscrire dans sa Constitution son engagement à rembourser en priorité sa dette. Si la Grèce ne devait pas, malgré tout, tenir ses engagements, il est très probable que les Etats les plus récalcitrants poseraient à nouveau la question de sa faillite.

  • Est-il envisageable que les Grecs puissent d’une manière ou d’une autre forcer leurs dirigeants à abandonner ou remettre en cause les accords avec les créanciers ?

En théorie, c’est tout à fait possible. Les prochaines élections législatives grecques, en avril, vont sans doute donner lieu à un débat très intense sur la question. Les deux partis au pouvoir en ce moment, Nouvelle démocratie à droite, et le Pasok à gauche, se sont engagés à soutenir le programme d’assainissement négocié au forceps en échange du second plan d’aide. Un troisième parti, le Laos, d’extrême droite, a quitté le gouvernement Papadémos en refusant de soutenir le programme. Et les partis d’extrême gauche d’opposition dénoncent l’austérité imposée par les bailleurs de fonds. Les électeurs grecs vont donc avoir le choix. Mais il est certain que l’arrivée au pouvoir de partis opposés au plan suscitera d’énormes tensions avec les bailleurs de fonds internationaux.

  • En définitive, qui paiera le plus pour sauver la Grèce ? qui seront les plus gros contributeurs ?

Dans l’ensemble, ce sont les Etats de la zone euro qui sont les plus gros contributeurs au plan d’aide, surtout si l’on additionne le premier et le second plan. Pour ce dernier, il ne s’agit d’ailleurs pas de prêts de la part des Etats, mais de garanties que ces derniers apportent au Fonds européen de stabilité qui va soutenir la Grèce.

Parmi les Etats, c’est bien sûr l’Allemagne qui est le contributeur le plus important, en raison de sa taille, même si sa contribution par tête d’habitant n’est pas plus importante que celle des autres pays de la zone euro. Au total, les Etats vont apporter 130 milliards d’euros dans le cadre du second plan, alors que les créanciers privés ne renoncent qu’à 107 milliards.

  • Quid de l’Italie ? de l’Espagne ? le Portugal est-il également en danger ?

Le fait de stabiliser la Grèce est nécessairement une bonne nouvelle pour l’ensemble des pays fragilisés par la crise des dettes souveraines. Le répit constaté depuis le début de l’année ne signifie pas que la crise est terminée. Si la Grèce avait fait faillite d’ici à la mi-mars, il est clair que la contagion observée l’an dernier aurait repris. Le Portugal aurait été menacé, alors qu’un débat existe sur l’éventualité d’un ajustement du plan d’aide dont il bénéficie.

L’Italie et l’Espagne, qui ne sont pas sous assistance, auraient également été fragilisés. Les efforts faits sous l’égide de Mario Monti, à Rome, et du nouveau premier ministre espagnol Mariano Rajoy, à Madrid, auraient pu être annihilés par une nouvelle offensive des marchés, alors que ces pays voient leurs conditions de financement sur le marché s’améliorer depuis le début de l’année.

Pour consolider encore la situation, les dirigeants européens vont reprendre, d’ici au mois de mars, la discussion sur le renforcement de la force de frappe des fonds de secours. Mais ce sujet n’est pas encore abouti.

  • Pourquoi les marchés ont-il baissé mardi, après l’annonce des détails du plan ?

La réaction des Bourses montre bien que la crise n’est pas tout à fait finie. Les marchés sont devenus très circonspects à l’égard des annonces faites par les dirigeants européens. Ils n’ont pas été totalement rassurés par les modalités du second plan d’aide, et doutent, eux aussi, de la capacité de la Grèce à tenir ses promesses.

Ceci dit, leur réaction aurait été beaucoup plus dure et négative si aucun compromis n’avait été annoncé mardi matin, à l’aube. Les Européens, en dépit des doutes sur le redressement de la Grèce, sont quand même en train de parvenir à la “mettre sous cloche” afin d’éviter un nouvel embrasement général au sein de la zone euro.

Au-delà du redressement de la Grèce, cette mise sous cloche paraît, d’ailleurs, être l’objectif essentiel des Européens dans le cadre du second plan d’aide.


Chat modéré par Audrey Fournier

Article source: http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/02/22/l-objectif-des-europeens-est-de-mettre-la-grece-sous-cloche_1646733_1581613.html#mf_sid=483932973

Air France-KLM négocie avec Etihad Airways

Air France- KLM chercherait à s'allier avec Etihad, une compagnie du Golfe

Air France- KLM chercherait à s’allier avec Etihad, une compagnie du GolfeAFP/ERIC PIERMONT

Surprise, Air France-KLM négocie des accords de coopération commerciale avec son homologue émirati Etihad Airways, selon Le Figaro. Une information étonnante, puisque la compagnie aérienne franco-hollandaise avait pris l’habitude de critiquer vertement l’aggressivité commerciale de ses concurrents du Golfe.

“Nous pensons qu’il faut désormais trouver des moyens de travailler ensemble plutôt que de s’affronter en permanence”, a déclaré sous couvert d’anonymat au quotidien un dirigeant de la compagnie tricolore.

ÉCHANGE DE BONS PROCÉDÉS

En novembre 2010, Jean-Cyril Spinetta, alors PDG d’Air France-KLM, avait affirmé que “les compagnies du Golfe (étaient) en train de tuer (son) industrie”. Dans sa ligne de mire, Etihad, mais aussi Emirates, accusés de concurrence déloyale car fortement subventionnées par leurs gouvernements.

Aujourd’hui, les relations semblent apaisées. L’accord en discussion concernerait des échanges de bons procédés: une compagnie pourrait vendre des billets pour le compte de l’autre, et vice-versa.

Selon le Figaro, une alliance avec la compagnie d’Abou Dhabi permettrait à Air France-KLM d’améliorer sa desserte du Moyen-Orient. Elle le renforcerait également face à Emirates, qui a acheté 90 très gros porteurs A380 pour alimenter sa plate-forme de correspondances de Dubaï.

Article source: http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/02/22/air-france-klm-negocie-avec-etihad-airways_1646668_3234.html#mf_sid=483911647