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Politique Economique : Est ce une faillite ordonnée de la Grèce ou une sournoise pièce théâtrale?

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Les marchés ont beau jeu de s’extasier devant la spectaculaire décrue des écarts de taux entre l’Allemagne et les pays du sud de l’Europe la semaine dernière. Cet apparent regain de confiance s’explique aisément par le doublement des rachats de dettes souveraines par la BCE, pour un montant plus que substantiel de 124 milliards d’euros.

Qu’elle mette juste 1 000 milliards d’euros de plus sur la table et la dette de l’Italie reviendra gentiment à parité avec les OAT françaises, autour de 3% !

En ce qui concerne la Grèce, cela fait des semaines que le marché se contrefiche des échecs à répétition des pourparlers avec les créanciers privés (banques) d’un côté et publics de l’autre (Bruxelles et FMI).

▪ Grèce : un futur pacte avec le Diable
Personne n’est dupe. Si la Grèce signe un document où elle s’engage à réduire de 20% le SMIC (et l’ensemble des salaires dans le privé pourrait connaître un repli du même ordre), soit elle ne le respectera pas “à la lettre”, soit elle ne le pourra pas… parce que le pays aura basculé dans l’explosion sociale, voire l’insurrection contre son gouvernement et par extension l’Allemagne.

Les bailleurs de fonds de la Grèce ne jurent que par la réduction des dépenses publiques. Mais en réalité, le vrai problème, c’est que les citoyens les plus fortunés ne payent pas d’impôts, et ce de façon parfaitement légale, comme les agriculteurs (ce sont les “gros” qui en profitent sans vergogne, tout comme des aides européennes) ; n’oublions pas non plus les fameux armateurs milliardaires.

Ces derniers exercent un chantage à la délocalisation de leur activité vers Londres ou Singapour. Les professions libérales fraudent de façon notoire en sous-estimant leurs revenus et en ne déclarant pas leur patrimoine immobilier (il n’y a pas de cadastre en Grèce) ; et de toute façon, les bâtiments inachevés ne sont soumis à aucune taxe. C’est pourquoi il existe tant de toitures qui se résument à une simple bâche à Athènes ou dans sa banlieue.

Construction pas terminée = pas taxée.

▪ Dieu devra-t-il passer à la caisse ?
Mais le plus gros propriétaire foncier du pays, c’est-à-dire l’Eglise orthodoxe, reste en grande partie exonéré d’impôt. Elle ne paie pas de taxe sur les propriétés dont elle déclare ne tirer aucun revenu locatif, à savoir les monastères, les lieux de culte et les fondations religieuses.

Le détail des véritables revenus immobiliers de ses innombrables propriétés est un mystère plus profond que la Sainte-Trinité. Le lobby religieux dispose apparemment de moyens de pression suffisamment puissants sur le gouvernement pour garantir la pérennité du statut d’exception dont bénéficient les églises (au sens large) en Grèce.

Certains observateurs se sont laissé dire que de tenter d’imposer l’Eglise orthodoxe serait un véritable suicide électoral. En cas de succès, elle se verrait contrainte de réduire certaines dépenses, ce qui nuirait gravement au tissu économique local : personne ne veut courir un tel risque !

Mais le plus sensationnel — et le plus étourdissant vu les circonstances actuelles — c’est que les transferts massifs de capitaux de banques grecques vers des banques étrangères est parfaitement légal. Athènes voulait à tout prix éviter qu’on puisse la comparer à l’Argentine d’avant sa faillite… et que la population incendie le Parlement.

Autrement dit, la Grèce peut bien signer tous les engagements que lui réclament Nicolas Sarkozy ou Angela Merkel “de toute urgence”, parce que le peuple en fera des papillotes.

▪ Les banques grecques sont exsangues
De toute façon, un programme de réduction de 15 ou 20% du SMIC et des salaires dans le secteur privé se traduirait mécaniquement par une chute abyssale des recettes fiscales liées aux revenus et surtout du montant des dépôts en liquide auprès des banques.

Ces dernières sont déjà exsangues et n’ont plus de fonds propres pour accorder des prêts — à moins d’une recapitalisation massive dont nous voyons mal d’où elle pourrait provenir !

Autrement dit, la Grèce (et son système bancaire à l’agonie) fera faillite avant le 20 mars. Soit de façon officielle et ordonnée, ou alors à la sournoise, après la signature de pseudo-accords instituant une hyper-austérité.

Les Grecs n’ont plus rien à perdre. La jeunesse n’a aucun avenir… les vieux n’ont plus de quoi se soigner… le commerce de détail connaît une hémorragie historique alors que la consommation s’effondre… les étrangers annulent leurs vacances pour cause de grève générale à répétition — et il ne fait pas bon parler allemand dans le Péloponnèse ou à Kos et Mykonos depuis l’été dernier.

▪ Les indices restent sereins
Pendant que la Grèce entretenait le suspense au sujet de sa survie, la Bourse de Francfort s’est offert un nouveau record annuel peu avant la clôture à 6 781 points avant d’en terminer à l’équilibre (-0,03%),

S’inspirant de ce bel exemple de sérénité, Wall Street s’est efforcé de ne pas reperdre un pouce du terrain conquis ces cinq dernières semaines. Cela nous donne donc +11% pour le Nasdaq, +7% pour le S&P.

Les indices américains ont maintenu le contact avec leur zénith annuel malgré des circonstances beaucoup moins porteuses que vendredi. L’indice Dow Jones ne s’est effrité que de 0,13%. Le S&P 500 finit quasi inchangé (-0,04) et le Nasdaq parfaitement stable à 2 528 points.

Tout comme la veille, les indices ont évolué au sein de marges singulièrement étroites durant la seconde partie de la séance, ce qui a contribué à ramener le VIX sous le seuil des 18.

Encore une fois, le recul du VIX n’est pas la conséquence d’un climat de confiance mais bien l’instrument par lequel ceux qui manipulent les indices tentent de convaincre des gérants de l’absence de tout danger imminent.

▪ Magie : les baissiers sont devenus haussiers
Et ça marche puisque les 70% de baissiers de la fin décembre se sont transformés en 70% de haussiers début février. Cela se traduit également par un rapport call/put complètement déséquilibré en faveur d’un scénario haussier.

Chaque jour qui passe sans que les marchés consolident cristallise la certitude que le tapis volant n’est pas près de retoucher le sol.

Beaucoup d’acheteurs sont convaincus que c’est leur énergie mentale positive qui maintient la carpette dans les airs. Mais en réalité, il ne s’agit que d’un numéro d’illusionniste qui repose sur une machinerie complexe combinant une série d’algorithmes et d’injections de liquidités.

Toute l’habileté du magicien consiste à masquer le bras hydraulique qui soutient les indices boursiers aux yeux du public… en lui demandant de souffler de toutes ses forces en direction du graphique du VIX qui clignote de l’autre côté de la scène.

Politique International: Les Usa veulent-ils que l’Iran bloque le détroit d’Ormuz afin d’avoir un prétexte d’attaque?

Téhéran a averti qu’elle prendrait des mesures en cas de retour d’un porte-avion américain dans les eaux du Golfe. Cet avertissement a été lancé alors que le pays semble souffrir de plus en plus des effets des sanctions américaines et européennes.

L’escalade entre l’Iran et les Etats-Unis a franchi mardi un nouvel échelon. Téhéran a en effet adressé une mise en garde contre un retour d’un porte-avions américain dans les eaux du Golfe.

L’Iran a lancé cet avertissement alors que son économie semble pâtir de plus en plus des effets des sanctions américaines et européennes. La perspective de mesures occidentales affectant pour la première fois profondément le secteur pétrolier iranien a fait plonger la devise iranienne, le rial, de 40% face au dollar au cours du mois écoulé. Des files d’attente se sont formées devant les banques et certains bureaux de change à Téhéran ont dû fermer leurs portes en raison de l’afflux d’Iraniens désireux d’acquérir des dollars pour préserver leur épargne. La République islamique entre par ailleurs en période électorale avec les législatives prévues le 2 mars. Il s’agira du premier scrutin depuis 2009 et la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, suivie de vastes manifestations de l’opposition réprimées par le pouvoir.

Le chef de l’armée iranienne, Ataollah Saleh, a déclaré que, en raison des récentes manoeuvres navales iraniennes, les Etats-Unis avaient enlevé l’un de leurs porte-avions des eaux du Golfe. Il a ajouté que l’Iran prendrait des mesures en cas de retour de ce bâtiment de guerre dans le Golfe. Ataollah Saleh n’a pas précisé le nom de ce porte-avions mais le « John C Stennis » est à la tête d’une force d’intervention dans la région et une photo publiée la semaine dernière sur le site internet de la Ve Flotte américaine, basée à Bahreïn, le montrait en mer d’Oman.

« L’Iran ne réitérera pas sa mise en garde (…) Le porte-avion de l’ennemi a été déplacé en mer d’Oman en raison de nos exercices militaires. Je recommande et j’insiste sur le fait que le porte-avions américain ne doit pas revenir dans le Golfe persique », a déclaré Ataollah Saleh, cité par l’agence de presse Irna. Le commandant de la marine iranienne, Habibollah Sayyari, a pour sa part jugé que le maintien de la sécurité dans le Golfe ne nécessitait pas la présence de « forces étrangères ».

La France pour un durcissement des sanctions

Le lieutenant de vaisseau Rebecca Rebarich, porte-parole de la Ve Flotte de l’US Navy, a précisé que le « John C. Stennis » était sorti du Golfe le 27 décembre via le détroit d’Ormuz à l’occasion d’un déplacement de routine « planifié à l’avance ».

Un porte-parole du Pentagone, le capitaine de frégate Bill Speaks, a fait savoir à Reuters par courriel que les Etats-Unis continueraient à déployer des navires de guerre dans le Golfe. « L’US Navy opère en vertu de conventions maritimes internationales pour maintenir un état permanent de vigilance élevée pour garantir un flot continu et sûr sur les voies d’eau stratégiques pour le commerce mondial », a-t-il expliqué.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé plusieurs trains de sanctions contre l’Iran en raison de son programme nucléaire, soupçonné de comporter un volet militaire. Ces sanctions ont eu un impact limité jusqu’à présent mais les dernières mesures pourraient pour la première fois frapper durement le secteur pétrolier iranien, qui représente 60% de l’économie du pays.

Le président Barack Obama a promulgué samedi une loi excluant du système financier américain toute institution collaborant avec la Banque centrale d’Iran, par laquelle le pays perçoit l’essentiel de ses revenus pétroliers. Si elles sont pleinement mises en oeuvre, ces mesures empêcheraient de nombreuses raffineries d’acquérir du brut iranien.

L’UE devrait à son tour décider de nouvelles sanctions lors d’une réunion de ses ministres des Affaires étrangères le 30 janvier, avec peut-être un embargo sur le pétrole iranien.

« La France (…) souhaite que nous durcissions les sanctions et le président de la République (Nicolas Sarkozy) a fait deux propositions concrètes. La première, c’est le gel des avoirs de la banque centrale iranienne, qui serait une mesure très rude, et la deuxième l’embargo sur les exportations pétrolières iraniennes », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, sur i-télé.

Michael Mann, porte-parole de la représentante diplomatique de l’UE Catherine Ashton, a précisé que les Vingt-sept débatteraient de ces questions cette semaine avec l’objectif de parvenir à un consensus avant la réunion du 30 janvier.

Ce durcissement occidental est nourri par un rapport publié en novembre par l’Agence internationale de l’Energie atomique dans lequel l’AIEA évoque des activités iraniennes potentiellement liées à l’acquisition d’un arsenal nucléaire. En réaction, l’Iran, qui assure vouloir uniquement produire de l’électricité, a adopté une attitude et une rhétorique de défi. Il a menacé le 27 décembre de fermer le détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transitent 40% du commerce pétrolier mondial, en cas de sanctions contre son secteur pétrolier.

La Chine négocie des rabais

Il vient de terminer dix jours de manoeuvres navales dans le Golfe au cours desquels il dit avoir procédé à des tests de missiles de portée suffisante pour atteindre Israël et des bases américaines dans la région.

La situation paraît toutefois d’autant plus critique pour l’Iran que la Chine, même si elle bloque tout projet de sanctions au niveau des Nations unies, exige désormais des rabais sur ses achats de pétrole iranien, qui ont représenté 11% de ses importations au cours des onze premiers mois de 2011. Pour obtenir gain de cause, Pékin, principal partenaire commercial de l’Iran, a réduit de plus de moitié en janvier ses importations de brut iranien en se reportant sur des approvisionnements en Russie et au Vietnam. La Chine importait près de 550.000 barils par jour d’Iran en 2011 et elle n’a prévu d’en acquérir qu’environ 285.000 par jour en janvier.

La chute des revenus pétroliers a un impact direct sur la vie quotidienne des Iraniens avec la hausse des prix des biens subventionnés et la baisse du rial. Certains bureaux de change de Téhéran disent que leur activité est suspendue jusqu’à nouvel ordre. « Le taux change toutes les secondes (…) Nous ne prenons plus de rials pour les échanger contre des dollars ou toute autre monnaie étrangère », a dit Hamid Bakshi, d’un bureau du centre de Téhéran.

Zohreh Ghobadi, mère de famille ayant pris place dans une longue file d’attente devant une agence bancaire, a expliqué qu’elle souhaitait retirer ses économies et les convertir en dollars.

Les autorités iraniennes démentent cependant tout lien entre les sanctions occidentales et la baisse de la monnaie. « Les nouvelles sanctions américaines ne sont pas encore entrées en vigueur », a déclaré mardi Ramin Mehmanparast, porte-parole du ministère des Affaires étrangèr

De la crise Financiére Vers la 3ème guerre mondiale?

23/01/2012 – “Si les ventes du pétrole iranien sont perturbées, le détroit d’Ormuz sera certainement fermé”

L’Iran a qualifié lundi de « guerre psychologique » l’embargo contre son pétrole décidé par l’Union européenne, jugeant que de telles mesures ne feraient qu’envenimer la crise autour de son programme nucléaire.

03/01/2012 – La fermeture du détroit d’Ormuz, “une déclaration de guerre” selon un expert – AFP

Iran: La 3ème guerre mondiale pour 2012? – Le dessous des cartes – Arte

03/11/2011 – Londres étudierait une attaque contre les sites nucléaires iraniens – Euronews

15/09/2011 – Ron Chaya“Si Israël attaque l’Iran le prix du baril de pétrole triple et l’économie mondiale est par terre”

18/03/2011 – Allocution du roi Abdallah d’Arabie Saoudite “Cher Peuple, vous allez faire face au mal et à la trahison”

16/05/2010 – Interview d’Ahmadinejad sur ABC news – “Mme Clinton veut faire bouger les relations avec l’Iran à une telle vitesse, que l’affrontement est inévitable”

23/01/2012 – “Si les ventes du pétrole iranien sont perturbées, le détroit d’Ormuz sera certainement fermé”

L’Iran a qualifié lundi de « guerre psychologique » l’embargo contre son pétrole décidé par l’Union européenne, jugeant que de telles mesures ne feraient qu’envenimer la crise autour de son programme nucléaire.

Suivant la voie tracée par les Etats-Unis, les Vingt-Sept sont en outre convenus de geler les avoirs de la Banque centrale iranienne. « Les sanctions de l’Union européenne contre le pétrole iranien constituent une guerre psychologique […] Imposer des sanctions économiques est illogique et injuste mais cela n’empêchera pas notre nation de faire prévaloir ses droits », a réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, cité par la télévision publique.

« Les pays européens et ceux qui subissent des pressions américaines devraient réfléchir à leurs propres intérêts. Tout pays se privant de l’accès au marché énergétique iranien verra bientôt sa place prise par d’autres », a-t-il ajouté.

Vice-ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi a pour sa part déclaré à l’agence de presse officielle Irna que, plus les pays occidentaux adopteront de sanctions contre l’Iran, « plus il y aura d’obstacles à surmonter pour résoudre la crise ». Auparavant, le vice-président de la commission des Affaires étrangères du parlement iranien a de nouveau agité la menace d’une fermeture du détroit d’Ormuz. «Si les ventes du pétrole iranien sont perturbées, le détroit d’Ormuz sera certainement fermé», a déclaré Mohammad Kossari à l’agence Fars.

International: Israël pourrait attaquer l’Iran dès le printemps

D’après le Washington Post, Leon Panetta, le secrétaire américain à la Défense, estime qu’Israël pourrait attaquer l’Iran dès le mois d’avril, afin de détruire les installations nucléaires du pays.

Israël voudrait agir « avant que l’Iran n’entre dans [une] « zone d’immunité » pour commencer à assembler une bombe nucléaire (…). Très prochainement, redoutent les Israéliens, les Iraniens auront stocké suffisamment d’uranium enrichi, et seuls les Etats-Unis pourraient alors les stopper militairement.» écrit David Ignatius, éditorialiste du Washington Post.

Avion de chasse F-15 au décollage

Avion de chasse F-15 au décollage

Toujours d’après lui, Leon Panetta se montrerait d’autant plus inquiet qu’Israël a repoussé un exercice militaire conjoint avec l’armée américaine, initialement prévu pour le printemps. Le secrétaire américain interprèterait cela comme l’indice d’une attaque potentielle.

Ces craintes surviennent dans un contexte particulièrement tendu : l’Iran refuse de renoncer à son programme nucléaire, dont il prétend qu’il n’a aucune vocation militaire, tandis que la communauté occidentale a imposé fin janvier un embargo sur l’achat de pétrole iranien. Téhéran a d’ailleurs confirmé qu’il ne céderait pas aux sanctions tout en menaçant les États-Unis et leurs alliés, ce vendredi.

Les« États arabes », Otages de leur ‘Ligue’ : Entre l’immobilisme, la subordination et l’attrape-nigaud

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par Amar Djerrad

Depuis sa création en 1945 par sept pays arabes, dont la Syrie, la «Ligue des États arabes» a pour objectif d’unifier la «nation arabe», de défendre les intérêts des États membres, de faire face à toute ingérence des puissances dans la région. Elle se voulait aussi une force de proposition et d’impulsion. Mais les divergences sont telles que ses actions et initiatives, même de paix, restent au mieux à effets modestes. Les 22 États membres connaissent des divisions liées aux vicissitudes des relations dues à la nature de leurs systèmes politiques souvent antinomiques.

Deux visions politiques s’affrontent à ce jour. L’une ‘pro-occidentale’ que mène l’axe monarchique, l’autre plus indépendantiste que mène l’axe républicain. Sur la trentaine de sommets organisés entre 1946 et 2011, dont 12 sommets en urgence – où les  résolutions les plus importantes concernent la Palestine – on ne relève aucun qui eut un impact signification. Le semblant d’unité apparait plutôt dans l’hostilité à Israël; quoi que… car, le dossier palestinien n’a pas vraiment unis les membres même lors de l’agression israélienne contre Ghaza, le Qatar, pays hôte du sommet de 2009, avait tenté de mener un camp favorable au Hamas contre l’Autorité palestinienne, ou contre le Liban. Il y a aussi ce «lâchage» de la Syrie qui avait refusé, avec le Liban, d’adhérer à la convention sur le «terrorisme» qui ne distingue pas ceux qui  luttent pour la liberté et l’indépendance; allusion au Hezbollah. Ajoutons la partition du Soudan, le chaos de la Somalie, l’invasion de l’Irak, l’agression du Liban et de la Libye et maintenant les provocations et menaces sur la Syrie. La ligue arabe a été non seulement d’aucune utilité, mais a joué un rôle négatif contre certains de ses propres membres.

La géniale maxime anonyme, (elle n’est pas d’Ibn Khaldoun) qui dit que  «les arabes se sont entendus pour ne pas s’entendre» est d’une réalité affligeante qui va plus loin puisque c’est la première fois qu’ils «s’entendent», dans la même année, mais pour… autoriser l’agression par l’Otan de la Libye; suspendre, sanctionner et  menacer la Syrie. Une première dans l’art de se faire châtier par l’organisation censée protéger ses membres. Un grand progrès dans le…ridicule et l’abaissement!

Les peuples arabes savent que cette organisation a perdu son sens pour s’être laissée pervertir en un instrument au service du Grand Capital comme le sont toutes les organisations internationales, y compris  droits de l’homme, l’AIEA. La plupart dépendantes des multinationales, leurs donatrices. L’ONU et ses institutions ne servent plus qu’à produire des alibis contre les pays ciblés ; que les ONG et les ‘journalistes’ font dans l’espionnage ; que la CPI s’utilise pour criminaliser les dirigeants indociles ; que le FMI sert à ruiner et gager les pays ; que la presse dites «mainstream» se consacre à la manipulation, la tromperie et le contrôle de l’opinion ; que l’OTAN se réserve pour l’agression et dévastation.

La Ligue arabe ne peut échapper aux plans des lobbies militaro-financiers, de quadrillage du monde pour mieux se servir. Ce sont ces lobbies qui commanditent les guerres, déstabilisent et assassinent et qui, après l’Irak, l’Afghanistan, le Liban et la Libye, bousculent à une confrontation avec l’Iran via la déstabilisation de la Syrie. L’Afrique en paie le prix le plus cher avec l’assassinat de 21 présidents depuis 1960 : de Sylvanus Olympio en 1963 président du Togo à Kadhafi.

Quel autre moyen le plus sûr pour  déstabiliser États arabes – qui présentent un danger pour leurs intérêts et Israël ou seraient un mauvais exemple pour les monarchies vassales – que celui de le faire par les arabes eux-mêmes en leur faisant la guerre avec leurs propres citoyens! La Syrie reste le dernier «verrou» tenace pour sa résistance, dans la région.

L’État le mieux indiqué pour mener la tâche de manipuler et de piéger, tel un cheval de Troie, la Ligue Arabe – après l’éviction par leur peuple des deux renégats Moubarak et Ben Ali – est bien le Qatar en la personne de son Émir -  ce vaguemestre des américano-sionistes, celui qui a renversé son père, – et ce, pour sa forte dépendance de l’Occident et ses prédispositions à la félonie. Ce Qatar qui offre aussi des possibilités d’actions militaires proches des zones convoitées. Il est assisté par la Turquie d’Erdogan, un nouveau ottoman, chargée de servir de base pour les actions armées et subversives.

Le choix de la Libye, en priorité, est stratégique – car un carrefour entre le MO, l’Afrique et l’Occident et constituant de plus, une porte moins risquée pour l’Afrique – puis tactique car, pays riche, moins peuplé et moins puissante militairement, dont la chute donnerait d’une part, selon leur vision, un exemple aux autres africains et d’autre part plus d’ardeur pour faire abdiquer la Syrie; le point d’achoppement des velléités occidentales et sionistes. Cette indomptable Syrie qui fait le poids dans l’équilibre des forces entre l’Occident et l’Asie que représente en particulier la Russie et la Chine, dans ce que l’on appelle  l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée à Shanghai en 2001 dont l’Iran est membre.

Ce complot de l’Occident que pilote les EU pour le contrôle des richesses du MO  – qui vise à neutraliser ces puissances adverses traditionnelles afin de les rendre plus dépendante et donc plus vulnérables -  semble trouver en la Ligue un allié de taille au moment où des États Arabes traversent une période d’incertitudes politiques que l’Occident n’arrive pas à décrypter. D’où ses ingérences pour récupérer ces «révoltes» incontrôlées – qui remettent en cause les fondements et structures politiques archaïques – dans le sens de leurs intérêts sinon en susciter d’autres ‘contrôlées’ pour ensuite intervenir et recomposer dans le sens souhaité en usant des fallacieux prétextes humanistes et nouvellement du grotesque «protection des populations civiles».

Ce masochisme de la Ligue arrange bien certains. Nietzsche disait bien que  «si la souffrance, si même la douleur a un sens, il faut bien qu’elle fasse plaisir à quelqu’un…». Ce sont bien les États-liges du Golfe – organisés dans le «Conseil de Coopération des États arabes du Golfe», qu’appui la Turquie d’Erdogan – qui sont chargés d’engager le bellicisme diplomatique en dictant à la Ligue ce qui doit et ne doit pas se faire. Ces monarchies ont le même rôle dans les institutions et organisations arabes que les sionistes dans les organisations et gouvernements Occidentaux; celui de déstabiliser tous ceux qui présentent un danger «idéologique» pour les monarchies ou «d’intérêts» pour le Grand Capital. D’où ce  ‘Conseil’ des «six pétromonarchies»  – qui se voulait un « bloc commercial » – mais qui travaille en fait pour des objectifs sournois ceux de servir les intérêts stratégiques de domination américaine et sioniste. Son influence est telle que ce CCG est surnommé le «bureau politique» de la Ligue puisque les résolutions sont décidées avant même que cette Ligue se réunisse. Avec le CCG, les valeurs sont inversées dans le sens où ce sont les monarchies qui gouvernent leurs contrées sans légitimité, que celle que leur fournit leurs protecteurs occidentaux, qui prennent le bâton de pèlerin pour imposer la démocratie et la liberté aux ‘ républiques’. Et la Turquie ? Les analyses soutiennent qu’Obama aurait répondu favorablement aux dirigeants d’Ankara pour  un « sous-impérialisme néo-ottoman » contrôlé par Washington après les inquiétudes de la Turquie de la domination exercée au M.O par Israël et les USA.

Par la Ligue, on se permet désormais d’exclure, de sanctionner et de menacer d’une intervention militaire étrangère, les États membres dont les politiques ne concordent pas avec les vues et objectifs de l’Occident sur la région, dont la prédominance d’Israël, conformément au projet du «Grand Moyen-Orient». Ce projet, devant dissoudre le monde musulman dans les fondements euro-atlantistes, consiste à agiter les peuples – en mettant en conflit les arabes musulmans et les chrétiens, les musulmans sunnites et chiites, les ethnies  – ensuite, recomposer dans le sens désiré. Le grand capital n’ayant pas de limite géographique ou morale considère le MO, d’un intérêt vital, région qu’il faut dominer par tous les moyens.

Il a été déployé un monstrueux dispositif d’endoctrinement et d’actions psychologiques que mènent des chaînes occidentales et les chaînes des pétromonarchies à savoir Aljazeera et Alarabia. Leur matraquage médiatique, a  dérouté les plus éveillés.  Beaucoup ont épousé leur cabale médiatique qu’a légitimé la Ligue du méprisant Amr Moussa et que semble aussi accepter l’autre nouveau égyptien Nabil Al-Arabi puisqu’il ne fait que lire ce qu’on lui présente sous l’œil du ministre Qatari des AE. Pour avoir encore plus de légitimité, on instrumentalise même la religion en obtenant la caution de Cheikhs réputés qui décrètent des ‘fatwas’ scélérates rendant licites ou illicites les mêmes choses et comportements en fonction des objectifs attendus du pays concerné, en s’appuyant sur des interprétations orientées et calculées de certains préceptes de l’Islam, allant jusqu’à rendre licite l’agression de la Libye par l’Otan ou bien appelant carrément à un bain de sang en Syrie comme le fait l’imam sunnite syrien al-Aroor, réfugié en Arabie Séoudite. Voilà encore le sinistre Cheikh Al-Qardawi, le protégé de l’Émir du Qatar, l’auteur de la ‘fatwa’ autorisant l’invasion de la Libye et l’assassinat de Kadhafi, qui appelle maintenant les libyens à se… «réconcilier» en même temps qu’il autorise les «opposants syriens» à faire appel à l’Otan. Cet «Islam» là, modulable au gré des intérêts des puissants du moment et de leurs chimères, est bien étrange !

Dans cette offensive, on remarque bien que ce sont les régimes «républicains» réfractaire et pas les monarchies, que l’on vise pour les rendre au moins obéissants en installant des gouvernements  composés souvent d’opposants, félons et renégats. Sinon des États dit «Islamiques» sous forme d’«Émirat» en soutenant les tendances rétrogrades, obscurantistes et violentes désignées par «terroristes islamistes», que l’occident dit combattre, mais qu’il instrumentalise, comme en Libye, selon ses désidératas.

Que constate-t-on en Libye ? Un CNT – installé par l’Otan «représentant légitime du peuple libyen» pour réinstaurer un État-lige – dans la panique et aux abois qui n’arrive pas à mettre en place un gouvernement représentatif et qui fait appel, à nouveau, à la «communauté internationale» pour l’aider à se débarrasser des mêmes rebelles qu’il a employés pour installer le chaos. Un CNT qui cherche à récupérer les cadres de l’ancien régime pour reconstituer un état et redémarrer car, impossible de le faire avec l’armée de miliciens ignorants que l’on a utilisé comme chair à canon pour détruire leur pays et qui sombrent dans le désœuvrement. Un CNT qui constate des Benghazi se retourner contre lui par des manifestants réclamant une “nouvelle révolution”. Des libyens, ayant vécu dans la Jamahiriya mieux que beaucoup d’européens par les facilités et les biens gratuits que permet le système, qui se retrouvent maintenant par leur perfidie et prétention, en abattant l’ «nourricier», avec rien; obligés de quémander la nourriture ou de s’adonner au pillage, au racket et au trafic d’armes. Un pays déstructuré et insécurisé aux mains de brigands et d’aventuriers qui ont tué des dizaines de milliers (entre 50 et 70 000 morts) de leurs compatriotes civils que l’Otan a aidés par les bombardements aux missiles. Un pays où le peuple, de tempérament vengeur et tribal, n’oubliera jamais le sang innocent versé et les viols commis. Un pays réduit à la mendicité et aux pénuries y compris d’argent après des dizaines d’années de vie dans l’aisance. Des milices au début ‘unies’ mais qui maintenant, divisées, se font la guerre. Des «révolutionnaires» – composés de prisonniers libérés, de frustrés, d’ignares, de paumés -  floués et livrés au pillage et à la rapine, qui deviennent une armée de chômeurs…en arme défiant la nouvelle autorité. Une autorité – composée en grande majorité d’opposants opportunistes et cupides, de tendances contradictoires sous tutelle de la NED/CIA et le MI6 ou de renégats -  qui n’arrive pas à s’installer sur le territoire libyen à cause de l’insécurité et des attentats. Un pays ou les libyens, habitués au bien-être et au confort, ne sauront jamais faire le travail réservé à la main-d’œuvre immigrée qui représentait plus de 50 % de la population active; oui comment demander à 2 millions de libyens de remplacer les 2 millions d’immigrés qui sont partis. Même les candidats à l’émigration ne s’y aventureront plus à cause de l’insécurité et des caisses vides. Un pays où l’on a cédé la place au désordre et où l’on a éveillé l’esprit de résistance avec la naissance d’un «Front de libération». L’État libyen, avec ses institutions, est bien cassé et pour longtemps ! «Mais que croyaient ces zozos du CNT ?» disait Allain Jules. Citons aussi Félix Houphouët-Boigny «on n’apprécie le vrai bonheur que lorsqu’on l’a perdu».

Dans le cas de la Libye, le sinistre Bernard-Henri Lévy «philosophe» du mal a été l’entremetteur chargé de faire  sous-traiter par la France de Sarkozy cette «opération Libye» et la Ligue arabe servir de caution. Avant même que la Libye ne tombe, ce manipulateur sioniste franco-israélien avait déclaré, à l’Université de Tel Aviv, en compagnie de Tzipi Livni, «si nous réussissons à faire tomber Kadhafi ce sera un message pour Assad». Par affront, il a déclaré aussi lors d’une réunion du CRIF « c’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques ». Malgré les déclarations de Rasmussen, qui avait affirmé le mois d’octobre que l’alliance n’avait «… aucunement l’intention d’intervenir en Syrie… la seule façon d’avancer en Syrie … est de tenir compte des aspirations légitimes du peuple syrien…  nous avons pris la responsabilité de l’opération en Libye parce qu’il y avait un mandat clair des Nations unies, car nous avons eu un soutien fort et actif des pays de la région…aucune de ces conditions n’est remplie en Syrie », les choses ont évolué autrement.

Nous revoilà en Syrie avec les mêmes tactiques, mensonges et diversions avec l’usage des mêmes méthodes et procédés ! C’est-à-dire: 1/ Faire infiltrer les manifestations pacifiques et légitimes par des groupes chargés de détourner les revendications en révoltes contre le régime tout en chargeant d’autres embusqués de tirer sur les manifestants ; en même temps on active les cellules dormantes de passer à l’action armée 2/ Imputer les  exactions et crimes au «régime» en l’accusant de «tuer des civils qui manifestent pacifiquement». 3/ Tromper les opinions en leur faisant croire à un régime «dictatorial, répressif» pour le faire condamner par la «communauté internationale». 4/ Introduite auprès du CS des résolutions pour des sanctions économiques afin d’exacerber les choses et pousser le peuple à se révolter contre ses dirigeants. 5/ Faire admettre des «enquêteurs» et autres «journalistes» qui sont en fait des espions de guerre. 6/ Intervenir militairement sous des prétextes «humanitaire» en particulier «protéger les civils». 7/ Instaurer le chaos. 8/ Créer une entité, en lieu et place du gouvernement composée d’éléments à leur solde 9/ Traduire les responsables comme des criminels de guerre devant un Tribunal Spécial.

Cependant, le monde a bien changé dans les relations politiques et économiques, dans les rapports de force avec la fin de la “guerre froide”, dans les alliances stratégiques à cause surtout des crises et des contradictions que génère le capitalisme actuel fait de spéculations et d’injustices suscitant des conflits d’intérêts voire d’existence. C’est donc sans compter, cette fois, sur le double véto russe et chinois qui ne veulent pas s’y faire prendre comme en Libye où l’Otan a bafoué toutes les règles. Le même scénario en Syrie a d’autres portées autrement plus stratégiques car, il vise à resserrer le ‘nœud coulant’ autour du puissant Iran en mettant en place, en Syrie, un «pont littoral» qui puisse servir à attaquer ce pays et par conséquent affaiblir irréversiblement la Russie et la Chine.

Il ne restait que «Ligue arabe» pour réaliser ce qu’ils n’ont pas pu faire passer par le C.S et faire, par cette pression, abdiquer ces deux puissances. L’objectif étant, par la Ligue, de mettre «au pas» tous les régimes présentant  des obstacles à la politique hégémonique des lobbies financiers et industriels que soutiennent, par vassalité, les monarchies arabes et par nature, Israël. La Syrie étant l’obstacle primordial, il s’agit, pour l’Otan, de prêter main forte, par la Turquie, à l’insurrection armée – intégrée préalablement par des islamistes ‘djihadistes’ et des mercenaires – en l’entrainant, l’armant puis en répandant de grandes quantités d’armes variées dans les régions en trouble, comme du temps de la guerre soviéto-afghane, plutôt que de réitérer la méthode désastreuse des frappes comme en Libye.

Le coup d’envoi a été donné à Deraa pour s’étendre à Homs puis à d’autres villes. On tend des embuscades aux éléments de l’armée et des services de sécurité tuant plus de 1100 ; leur armement est acheminé depuis la Turquie et la frontière libanaise. On assassine des centaines citoyens, des responsables civils, des intellectuels, des médecins, des commerçants (on parle de 5000).  On viole les domiciles et kidnappe  des citoyens pour des rançons. On détruit, incendie et sabote les infrastructures économiques comme les gazoducs, les usines et les voies ferrées. On réserve des camps sur le territoire Turc pour accueillir des mercenaires, essentiellement des «rats» libyens, dont-on a plus quoi faire, puis ériger avec quelques apostats et révoltés une «armée syrienne libre». On ‘décrète’, avec menace, une grève générale qui a échoué. On lance un appel au boycottage des élections locales, issues des nouvelles réformes, qui a aussi échoué au regard de la participation. On s’acharne à en faire une «guerre civile» pour neutraliser ce pays et laisser faire les prédateurs. Le Qatar s’engage une nouvelle fois à tout financer. On requiert, via la Ligue, des sanctions économiques.

Des sanctions qui semblent n’avoir aucune chance de faire plier le gouvernement syrien. D’abord, parce que 95 % des avoirs ont été rapatriés et en plus, ce sont les États arabes de la région qui pâtiront d’un éventuel boycott des produits syriens dont-ils dépendent en grande partie, mais qui ne représentent qu’une modeste proportion des exportations de la Syrie. La grande part est absorbée par l’Irak, qui refuse les sanctions et la Turquie qui se retrouve en situation de «l’arroseur arrosé» puisque les Turcs grognent déjà contre leur gouvernement pour les effets néfastes qu’ils commencent à sentir mais, le verdict vient de l’Iran qui annonce un important accord de libre-échange et d’investissements avec la Syrie! Quant à l’embargo sur son pétrole, il a déjà trouvé preneur.

Ils continueront jusqu’à à la dernière carte à accuser trompeusement le gouvernement syrien des pires atrocités que commettent en réalité des terroristes à leur solde  – selon les témoignages de journalistes indépendants, des délégations ayant visité la Syrie ou le reportage récent d’une agence américaine – contrairement aux soldats qui ripostent pour se protéger ou empêcher le chaos. Ils continueront avec leur ‘merdias’ à travestir la réalité, à fabriquer des faits made Aljazeera, Alarabia, BBC arabic et France 24. Cependant, au regard de l’évolution des choses et devant le haut niveau de conscience des syriens, la puissance et l’expérience de leur armée qui n’a pas encore utilisé ses moyens et capacités, la modestie et la persévérance de leur président, les manifestations de masses contre l’ingérence et les décisions de la Ligue, le complot semble en phase d’échec.

Malgré cela, le gouvernement Syriens, a pris plusieurs mesures pour reformer les institutions et le régime dans le sens d’une démocratisation effective avec projet d’une nouvelle constitution. Il s’emploie à s’ouvrir aux tendances par le dialogue, y compris avec «l’opposition à l’étranger», en leur proposant de régler pacifiquement la crise entre syriens «en Syrie» avec toutes les garanties, en acceptant même des médiateurs. Malheureusement, c’est sans compter sur les «décideurs/brigands», ceux qui jouent les grandes marionnettes, qui bloquent tout ce qui permet l’apaisement en incitant l’opposition à renoncer au dialogue  et en avisant les groupes armés de ne pas déposer les armes.

Voilà que la Russie sonne le tocsin en mettant en garde contre toute velléité de déstabilisation ou de guerre contre la Syrie en même temps qu’elle annonce s’opposer à toute ingérence étrangère dans les affaires de ce pays. Elle y met les moyens en dépêchant son armada dissuasif  dans la région afin «d’empêcher une guerre aux conséquences graves». Lavrov met aussi en garde contre  le langage par «les avertissements et les menaces» à l’endroit de la Syrie après avoir dénoncé, devant le conseil de l’OSCE, l’utilisation des résolutions des Nations Unies visant à «mettre fin illégalement» à des conflits et cette pratique du «deux poids, deux mesures». La Chine prend le relais en annonçant s’opposer aux ingérences tout en déclarant soutenir toutes les initiatives qui permettent d’instaurer le calme et la stabilité. L’Inde fait de même à Moscou lors de la visite du PM Manmohan Singh. Mieux, selon Farsnews qui se réfère au bulletin du département d’État US (Europian Union Times), le président chinois aurait averti, devant son homologue russe et son premier ministre, que la seule voie permettant de  stopper une intervention militaire américaine contre l’Iran est une action armée. «On fera la guerre même si cela déclenche la troisième guerre mondiale» aurait prévenu Jin Tao. Cet aboutissement est déjà signalé, en novembre, par le chef d’État-major général russe Nikolaï Makarov, lors de son intervention devant la Chambre civile (Kremlin). L’agence ‘Novosti’ avait rapporté que ce général, en se référant à  l’expansion de l’Otan en Europe de l’Est avec le bouclier antimissiles et le contexte post-Libye de pression sur la Syrie et l’Iran, avait lancé un message sans équivoque  en affirmant qu’« il devient évident que le risque d’implication de la Russie dans des conflits locaux a augmenté… sous certaines conditions, les conflits régionaux risquent de dégénérer en conflits d’envergure avec un possible emploi d’armes nucléaires ». La messe donc est dite !

Tant que les Russes et les Chinois soutiendront la Syrie, les va-t-en-guerre n’auront aucune chance de réussir.

Au même moment les iraniens font atterrir, par une prouesse technologique hors-pair le drone-espion américain  furtif de type RQ170 le plus sophistiqué; sa destruction comme prévu en cas d’interception n’a pas réussi. Les USA, sonnés par ce revers, perdent ainsi un atout technologique majeur en le mettant ‘gratuitement’ à disposition de l’Iran. Ils échouent aussi dans cet essai débile de création d’une «ambassade virtuelle» au «service» des iraniens pour mieux, en fait, espionner et manipuler.

Mais l’impérialisme n’est pas encore épuisé ses forces. Il essayera encore de réintroduire le dossier syrien auprès du CS via encore…la Ligue ‘arabe’ avec d’autres ruses comme nous le constatons avec la sortie ‘émouvante’ de l’ambassadeur de France à l’Onu, Gérard Araud – qui ressemble au ‘chant du cygne’ – qui ose qualifier la situation syrienne d’ «épouvantable et d’effroyable» pour les 5000 morts en majorité tués par les groupes armés que la France soutient ; oubliant que son pays a participé aux massacres par l’OTAN des   libyens et l’assassinat programmé de Kadhafi. Cette France suiviste sarkozienne divisée, stigmatisée qui redonne une image colonialiste par ses ingérences et actions de déstabilisation des États africain. Cette France qui sombre dans la récession ; qui paie des rançons aux terroristes.  On s’essaye, par revanche, à déstabiliser, cette fois, la… Russie, en sautant sur l’occasion des élections, pour exacerber les mécontentements dus à quelques cas de fraudes. C’est la Clinton qui donne le coup d’envoi avec son «aspirations du peuple russe à espérer un avenir meilleur» à propos des manifestations. Mais le ministre russe de l’Intérieur Nourgaliev averti qu’il mettrait fin à «toute tentative d’organiser un événement non autorisé ». Vladimir Poutine lance – à propos des ONG russes, en particulier ‘Golos’ que finance la NED et l’UE pour le recrutement de ses membres à travers les services Suédois – devant ses partisans « premièrement, Judas n’est pas le personnage biblique le plus respecté chez les Russes [en référence à la trahison],  deuxièmement, ils feraient mieux d’utiliser cet argent pour payer leur déficit public et d’arrêter de dépenser de l’argent pour des politiques étrangères coûteuses et inefficaces». La «Ligue arabes» osera-t-elle ce genre de réplique? Qu’avaient répondu les arabes lorsque  Martin Van Crevel, historien militaire israélien avait souhaité la «déportation collective » des palestiniens dans une interview? Qu’elle est la répondre leur «Ligue», à la récente ineptie de l’idiot «utile» Newt Gingrich ex “speaker” de la Chambre des représentants, qui brigue l’investiture républicaine, à la déclaration, sur la chaine “The Jewish Channel”, par une inversion accusatoire, que le peuple palestinien est une «invention» et que les palestiniens  «… faisaient partie de l’empire ottoman avant la création d’Israël» ? (Ce sot est  diplômé en… histoire). Aux dernières nouvelles, il y aurait divergence entre les membres de la Ligue sur les mécanismes appropriés pour régler cette crise syrienne. Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Émirat, le Bahreïn, le Koweït, la Tunisie et le CNT Libyen sont pour l’introduction du dossier auprès du CS alors que l’ Égypte, l’Algérie, le Liban, l’Irak, Oman et le Soudan sont pour le dialogue entre syriens.

Enfin, l’Occident est bien au bord d’une crise majeure, conséquence de son capitalisme sauvage sans limites, qui martyrise les populations de la planète, où l’homme est une marchandise. On observe une tendance vers un effondrement spectaculaire de son économie sous les poids de ses défaites militaires et de ses crises économiques internes, mais aussi de son immoralité. Le monde de la finance se retrouvant agonisant, il se débat, telle une bête blessée, en voulant s’en sortie au détriment des autres États en piétinent toutes les règles internationales et morales. Il veut faire payer, comme toujours, aux peuples les crises qu’il engendre.

Ce qui se déroule dans le monde arabe a été planifié par les américano-sionistes, comme 1ère étape, pour trouver une sortie de crise. Pour eux, il n’y a de morale qui n’intervienne que pour l’exiger aux autres.  Ce sont des  criminels qui s’habillent d’oripeaux élogieux – droits de l’homme, liberté et démocratie – pour faire croire en une quelconque vertu afin de mieux tromper les consciences et spolier. Leurs prétentions  les aveugles au point où ils perdent la raison. «On passe sa vie à vouloir atteindre un objectif, à courir après des rêves, à croire qu’obtenir ce que l’on veut nous ouvrira les portes du bonheur. Mais ça ne se passe pas ainsi. C’est le chemin qui fait l’existence, pas l’aboutissement… dit Jorge Molist (Le Rubis des Templiers).

Pourtant, la déstabilisation d’une région entière, carrefour de trois continents, aurait des retombées catastrophiques sur tous les pays. Ce n’est rentable à personne ; ni aux pays de la région, ni aux EU, ni à l’Europe, ni à la Russie, ni à la Chine encore moins à Israël que l’on croit protéger. Un embrasement sera fatal aussi aux monarchies. Les islamistes salafistes ou les terroristes d’Al Qaida ou autres mercenaires que l’on croit dompter et instrumentaliser par l’argent, qu’appui des Cheikhs opportunistes, ne seront d’aucun secours dans le cas d’une guerre totale.

Faudra-t-il une autre guerre mondiale à cause de quelques trusts et cartels puissants qui s’évertuent  à vouloir dominer le monde par la force ? L’humanité ne donne pas d’exemple de réussite de cette nature.

Quand on sait que les monarchies du golfe, qui dirigent cette Ligue, sont déjà sous la protection des EU, de quelle autre mission est chargée alors cette Ligue si ce n’est de contrôler les faits et gestes des pays membres récalcitrants pour dominer cette région. Surprise de dernière minute, la Russie introduit un projet de résolution, qui s’apparente à un contre-pied aux occidentaux, condamnant les violences des «deux côtés» ainsi que les ingérences, exigeant l’apaisement et le dialogue entre et les syriens. Ce projet, qui ne demande pas l’éviction de Bachar,  a mis dans l’embarra les occidentaux qui veulent apporter des ‘modifications’ mais aussi la Ligue «arabe» qui a …reporté ses «décisions» certainement, par subordination,  pour voir vers où penche le rapport de force.

À notre sens, certains pays arabes doivent en urgence se retirer de cette funeste «Ligue», qui devient plus un attrape-nigaud qu’un bouclier de protection. Il leur sera plus avantageux, à l’avenir, de se regrouper en pôles régionaux d’intérêts communs, sur des bases réelles c’est-à-dire économiques, culturelles et de défense que sur une base «identitaire» chimérique, contre-productive comme on le constate.

Il est certain qu’avec l’axe Russie-Chine-Iran-Syrie-Liban, qu’appuieront les autres États du «BRICS», les complots en cours ou en gestation seront un coup d’épée dans l’eau et qu’en lieu et place du «Grand Moyen Orient» planifié par les EU, c’est un «Nouveau Moyen Orient», à l’opposé de celui espéré, qui surgira pour un autre ordre mondial basé sur d’autres règles, d’autres principes!

 

par Amar Djerrad